Trump renonce à frapper l'Iran si un accord nucléaire est rapide
Trump renonce à frapper l'Iran pour un accord nucléaire

Donald Trump a déclaré que les États-Unis s'abstiendraient de lancer une nouvelle attaque contre l'Iran tant qu'un accord pourrait être conclu rapidement pour mettre un terme aux ambitions nucléaires de Téhéran et rouvrir le détroit d'Ormuz. Samedi soir, sur sa plateforme Truth Social, le président américain a révélé que l'Iran et d'autres pays du Moyen-Orient avaient demandé un délai pour conclure un accord qui conduirait à la réouverture « immédiate, complète et totale » de ce passage vital et à « la fin de la menace nucléaire iranienne ».

Ce message intervient après un entretien téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, un allié des États-Unis. Donald Trump n'a pas nommé les autres pays concernés, mais il a expliqué : « Compte tenu de cette demande, j'ai accepté, dans l'intérêt futur du MONDE et, par la même occasion, de la survie d'un Iran prospère et florissant, d'annuler l'attaque, à condition de parvenir rapidement à conclure un ACCORD ». Il a ajouté qu'Israël se joignait à lui dans cet engagement.

Une guerre de cinq mois qui secoue le Golfe

Cette apparente désescalade constitue le dernier rebondissement en date dans la guerre lancée il y a cinq mois par les États-Unis et Israël. Après plusieurs jours de menaces réciproques de nouvelles frappes, les attaques se sont étendues à travers le Golfe jusqu'à la mer Rouge, touchant même une installation en Méditerranée, en Égypte. L'Iran a en grande partie fermé le détroit d'Ormuz, par lequel transitaient 20 % du pétrole et du GNL mondiaux avant le conflit, provoquant une hausse des prix de l'énergie et alimentant une inflation plus générale.

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Le président américain avait déjà évoqué vendredi, lors d'une réunion du Conseil des ministres, sa conviction que les négociateurs américains – parmi lesquels figurent son gendre Jared Kushner, l'envoyé spécial Steve Witkoff et le secrétaire d'État Marco Rubio – pourraient parvenir à un accord avec l'Iran. Cette position intervient alors que le cessez-le-feu conclu en avril dans le cadre de la guerre s'est effondré le mois dernier.

Israël prévient qu'il frappera quoi qu'il arrive

Eli Cohen, ministre israélien de l'Énergie et membre du cabinet de sécurité du Premier ministre Benyamin Netanyahou, a confirmé une étroite coordination en matière de sécurité et de renseignement entre Israël et les États-Unis sur tout ce qui se passe dans la région. Mais il a prévenu : « Avec ou sans accord, et indépendamment de tout engagement extérieur, si l'Iran tente de relancer son programme nucléaire ou de développer son industrie des missiles balistiques, nous serons là. Nous agirons, et nous frapperons. »

Donald Trump et Benyamin Netanyahou se sont rencontrés mardi à Washington. Selon un responsable israélien, ils ont exploré toutes les voies possibles pour freiner le programme nucléaire iranien, notamment la diplomatie, la pression économique et la force. Téhéran nie pour sa part chercher à se doter de l'arme nucléaire.

Téhéran parle de « guerre psychologique »

Le ministre de la Défense par intérim de l'Iran, le général de brigade Majid Ebn Al-Reza, a déclaré que Téhéran considérait les récentes menaces américaines comme une « guerre psychologique et cognitive », mais qu'il les prenait au sérieux. Il a ajouté que l'Iran renforcerait sa préparation et sa dissuasion plutôt que de se faire prendre au dépourvu ou de rester passif, a rapporté Press TV.

Lors de son entretien téléphonique avec Donald Trump, le prince héritier saoudien a souligné la « nécessité de privilégier le dialogue pour apaiser les tensions » au Moyen-Orient, selon l'agence de presse officielle saoudienne. Un responsable de la Maison-Blanche a déclaré à Reuters que les deux hommes s'étaient entretenus, sans toutefois fournir de détails.

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Le pétrole flambe et la pression monte

Les conséquences économiques de la fermeture partielle du détroit d'Ormuz se font lourdement sentir. Les contrats à terme de référence sur le Brent LCOc1 ont bondi de 24 % le mois dernier, et les analystes interrogés par Reuters s'attendent à ce que les prix continuent d'augmenter cette année. Donald Trump a fait valoir que son objectif déclaré d'empêcher l'Iran de se doter d'armes nucléaires justifiait une hausse des coûts du carburant à court terme, mais les répercussions économiques ont exercé une pression politique sur lui pour qu'il trouve un moyen de mettre fin à la guerre.

Pour aggraver encore les inquiétudes du secteur énergétique, les Houthis, alliés de l'Iran au Yémen, ont commencé ces derniers jours à menacer Bab el-Mandeb, le détroit situé à l'autre extrémité de la mer Rouge par rapport au canal de Suez, qui constitue une autre voie d'exportation pour le brut saoudien.

Deux incidents maritimes au large d'Oman

Le service britannique des opérations commerciales maritimes (UK Maritime Trade Operations) a déclaré samedi avoir reçu des informations faisant état de deux incidents maritimes au large d'Oman. Lors du premier, un projectile non identifié a frappé un pétrolier, endommageant la salle des machines. Lors du second, le capitaine d'un pétrolier a signalé avoir vu un grand éclaboussement et une explosion à proximité du navire, bien qu'aucun dommage n'ait été signalé.

Ces incidents illustrent la volatilité persistante dans la région, alors que les négociations diplomatiques semblent se rouvrir. Le sort du détroit d'Ormuz, artère énergétique mondiale, et du programme nucléaire iranien demeure suspendu à la conclusion rapide d'un accord, comme l'exige Donald Trump.