La ville d'Annecy, surnommée la « Venise des Alpes », est confrontée à une surfréquentation touristique qui met sous pression son lac et sa vieille ville. Pour y remédier, la municipalité a dévoilé un plan visant à détourner les visiteurs vers d'autres secteurs moins connus. Selon la mairie, la fréquentation a augmenté de 30% en cinq ans, avec des pics atteignant 100 000 visiteurs par jour en été, contre 50 000 habitants permanents.
Un plan pour répartir les flux touristiques
Le maire, François Astorg, a présenté le 22 juillet un ensemble de mesures pour « mieux répartir les flux et préserver la qualité de vie des Annéciens ». Le plan prévoit notamment la création de nouveaux itinéraires de randonnée, le développement de navettes gratuites vers des sites alternatifs comme le col de la Forclaz ou le Semnoz, et la mise en avant de quartiers méconnus tels que le Parmelan ou les Marquisats.
« Nous ne voulons pas décourager les touristes, mais les inviter à découvrir d'autres facettes de notre territoire », a déclaré l'élu lors d'une conférence de presse. La ville a également annoncé un investissement de 2 millions d'euros pour améliorer les infrastructures d'accueil dans ces zones moins fréquentées.
Des mesures concrètes pour réduire la pression
Parmi les actions phares, la municipalité va limiter l'accès aux abords du lac pendant les heures de pointe, avec un système de réservation pour les plages les plus prisées. Les parkings de la vieille ville seront progressivement supprimés au profit de parkings relais en périphérie, reliés par des navettes électriques. La ville prévoit aussi de renforcer les contrôles contre les locations saisonnières illégales, qui représentent selon la mairie 15% des logements du centre historique.
« Nous devons agir avant que le surtourisme ne devienne insupportable pour les habitants et ne dégrade notre patrimoine », a souligné Astorg. Les associations de défense de l'environnement, comme France Nature Environnement, saluent ces initiatives mais jugent que des mesures plus radicales sont nécessaires, notamment une taxe de séjour progressive.
Un modèle pour d'autres villes touristiques
Annecy espère devenir un modèle pour d'autres destinations confrontées au même problème, comme Venise ou Barcelone. La ville a déjà mis en place une application mobile qui indique en temps réel l'affluence dans les principaux sites, permettant aux visiteurs de choisir des alternatives moins fréquentées. En 2025, cette application a été téléchargée 50 000 fois, selon la mairie.
Le plan d'Annecy s'inscrit dans une stratégie de tourisme durable, avec pour objectif de réduire de 20% la fréquentation du lac et de la vieille ville d'ici 2030, tout en augmentant la fréquentation des autres sites de 40%. La ville table sur un budget total de 5 millions d'euros sur trois ans, financé en partie par une taxe de séjour majorée de 10% à partir de 2027.



