TotalEnergies a annoncé un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, soit le double des 2,7 milliards enregistrés un an plus tôt. Cette performance est largement attribuée à la flambée des prix des hydrocarbures, elle-même liée à l'escalade du conflit au Moyen-Orient, notamment la guerre en Iran. Les résultats, publiés jeudi 23 juillet, ont immédiatement suscité une vive réaction des partis de gauche, qui accusent le groupe de profiter de la crise.
Des réactions politiques contrastées
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a déclaré sur RMC-BFMTV qu'elle refuserait « toujours » de « rentrer dans le Total bashing », tout en comprenant « les interrogations » des Français. Elle a souligné que TotalEnergies est « une chance d'avoir en France un grand énergéticien mondial capable d'assurer l'approvisionnement des Français ». Elle recevra la semaine prochaine raffineurs et distributeurs.
À l'opposé, les élus de gauche, de La France Insoumise (LFI) aux Écologistes en passant par le Parti Socialiste (PS), ont vivement dénoncé ces résultats. Le patron du PS, Olivier Faure, a fustigé sur X les « profiteurs de guerre », rappelant que les actionnaires « ont déjà reçu un 2ᵉ acompte sur dividende ». Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a écrit : « Pendant que les prix du carburant repartent à la hausse, c’est le jackpot pour TotalEnergies et les géants du pétrole ». Il a réitéré la proposition de son mouvement : « le blocage des prix des carburants est la solution ».
La gauche réclame des mesures fortes
Le député LFI Éric Coquerel a ironisé sur X à propos de « la mesurette marketing des 1,99 €/l ? Désormais limitée aux week-ends et à quelques stations. Les actionnaires seront mieux servis que les automobilistes ». La députée écologiste Sandrine Rousseau a déclaré sur BlueSky « avoir hâte qu’ils soient lourdement taxés », rappelant que c'est une « raison vitale pour laquelle la gauche doit gagner » lors de la prochaine présidentielle.
Cette polémique n'est pas nouvelle. En début d'année, les « super-profits » de TotalEnergies avaient déjà suscité des critiques. En avril, une enquête du Financial Times avait révélé que le groupe avait acheté 77 cargaisons de brut des Émirats arabes unis et d'Oman au début du conflit en mars, lui permettant d'échapper au blocage du détroit d'Ormuz et de réaliser près d'un milliard de dollars de gains.
Une taxation des super-profits controversée
La question d'une taxation des super-profits ne fait pas consensus au sein du gouvernement. Maud Bregeon a réaffirmé son opposition à une telle mesure sur RMC-BFMTV. Alors que les prix à la pompe flambent à nouveau, le débat sur la répartition des bénéfices de TotalEnergies reste vif entre la majorité et l'opposition de gauche.



