Mali : l'ONU exige une enquête sur les tortures et les meurtres après une attaque
Mali : l'ONU exige une enquête sur des tortures et meurtres

L'Organisation des Nations unies (ONU) a exigé ce jeudi 23 juillet 2026 l'ouverture d'une enquête indépendante sur des allégations de tortures et d'exécutions sommaires de civils par l'armée malienne dans le nord du pays. Ces faits se seraient produits à la suite d'une attaque contre un convoi militaire près de la ville de Kidal.

Des allégations graves confirmées par des témoins

Selon un rapport interne de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), au moins 31 civils, dont des femmes et des enfants, auraient été tués et plusieurs autres torturés lors d'opérations de représailles menées par les forces armées maliennes entre le 18 et le 20 juillet. Le rapport s'appuie sur des témoignages de survivants et d'habitants de la région.

« Nous avons recueilli des témoignages crédibles faisant état de violations flagrantes des droits de l'homme », a déclaré le porte-parole de la MINUSMA, Olivier Salgado, lors d'un point de presse à Bamako. « Il est impératif que les auteurs répondent de leurs actes et que justice soit rendue aux victimes. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La réaction des autorités maliennes

Le gouvernement malien a rejeté ces accusations, les qualifiant de « mensongères et infondées ». Dans un communiqué, le ministre de la Défense, le colonel Sadio Camara, a affirmé que l'armée agissait « dans le strict respect du droit international humanitaire » et que les opérations visaient uniquement des « groupes terroristes ». Il a également dénoncé une « campagne de désinformation » menée par des « ennemis du Mali ».

Cependant, des organisations non gouvernementales (ONG) locales ont corroboré les informations de l'ONU. « Nous avons documenté plusieurs cas de civils exécutés sommairement et de villages incendiés », a indiqué Fatoumata Diallo, coordinatrice de l'Association malienne des droits de l'homme (AMDH). « La situation est dramatique et nécessite une enquête internationale impartiale. »

Un contexte sécuritaire toujours tendu

Cette affaire survient dans un contexte de recrudescence des violences dans le nord du Mali, où les groupes djihadistes et les milices locales s'affrontent régulièrement. Le 16 juillet, une attaque à l'engin explosif improvisé (EEI) contre un convoi militaire malien avait fait 12 morts parmi les soldats. Les représailles qui ont suivi auraient visé des communautés soupçonnées de soutenir les rebelles.

Depuis le retrait progressif de la MINUSMA, décidé en 2023, la sécurité dans la région s'est considérablement dégradée. Les forces maliennes, appuyées par le groupe paramilitaire Wagner, mènent des opérations de plus en plus contestées par la population civile.

Les réactions de la communauté internationale

Plusieurs pays occidentaux, dont la France et les États-Unis, ont appelé à une enquête transparente. « Nous sommes profondément préoccupés par ces allégations », a déclaré le porte-parole du département d'État américain, Ned Price. « Nous exhortons les autorités maliennes à coopérer pleinement avec les enquêteurs de l'ONU. »

De son côté, l'Union africaine (UA) a également condamné les violences et demandé l'ouverture d'une enquête. Le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, a exprimé sa « solidarité avec les familles des victimes » et appelé à « la fin de l'impunité ».

L'ONU a donné un délai de 30 jours aux autorités maliennes pour répondre à ses demandes d'enquête, faute de quoi le Conseil de sécurité pourrait être saisi de la question.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale