Un groupe d'experts indépendants mandaté par le gouvernement allemand a remis un rapport préconisant une refonte profonde du système de retraite, qualifiée de « petite révolution » par les observateurs. Le document, rendu public en début de semaine, propose plusieurs mesures chocs : la création d'un pilier de capitalisation obligatoire, financé par une nouvelle cotisation partagée entre entreprises et salariés, l'indexation automatique de l'âge de départ à la retraite sur les gains futurs d'espérance de vie, et l'élargissement du nombre de cotisants.
Un big bang avant l'été
Le gouvernement dirigé par Friedrich Merz, en difficulté dans les sondages, souhaite faire adopter cette réforme avant la fin de la session parlementaire, fixée au 10 juillet. Ce calendrier serré témoigne de l'urgence perçue face au vieillissement démographique et aux tensions sur le système par répartition.
Des pistes inspirantes pour la France
Cette initiative allemande est suivie de près en France, où le dossier des retraites revient sur le devant de la scène politique. Plusieurs candidats à la présidentielle pourraient s'inspirer de ces propositions. Selon Katharina Utermoehl, responsable des études thématiques et politiques du groupe Allianz, « ce rapport ouvre la voie à un débat nécessaire sur la soutenabilité du système, tant en Allemagne qu'ailleurs en Europe ».
Les détails du rapport
Le pilier de capitalisation obligatoire constituerait un changement de paradigme pour l'Allemagne, historiquement attachée à la répartition. La cotisation supplémentaire, dont le taux n'est pas encore précisé, pèserait sur les entreprises et les salariés. Par ailleurs, l'âge de départ à la retraite serait automatiquement relevé en fonction de l'augmentation de l'espérance de vie, un mécanisme qui vise à maintenir l'équilibre financier du système.
Une réforme sous pression
Le gouvernement Merz, confronté à une baisse de popularité, espère que cette réforme lui permettra de redorer son blason. Cependant, l'opposition et les syndicats dénoncent déjà une « casse sociale ». Le débat parlementaire s'annonce houleux, mais l'exécutif compte sur un vote avant la trêve estivale pour éviter une prolongation des discussions.



