De notre envoyé spécial à Boston,
Une ambiance légendaire
Ce n’est peut-être rien pour vous, mais pour les Écossais, faire passer les Anglais pour de doux agneaux Shetland est un exploit remarquable. Avant même leur arrivée à Boston, où ils affronteront le Ghana mardi, les Anglais savent qu’ils ont déjà perdu le match de l’ambiance face à leurs grands « amis » d’outre-Hadrien.
En une semaine, la capitale du Massachusetts, qui abrite une importante communauté irlandaise, s’est éprise de ces supporters en kilt. Du premier match face à Haïti, où ils ont atteint 125 décibels en entonnant Flowers of Scotland, à la migration massive de milliers d’entre eux à Fenway Park pour un match de base-ball des Red Sox, en passant par les airs de cornemuse qui résonnent partout, Boston s’est parée de la Croix de Saint André.
Les Écossais, premiers aux bars
Selon les médias britanniques, entre 50 000 et 80 000 membres de la Tartan Army sont à Boston. Autant de gosiers à satisfaire, comme ceux de Kyle et ses amis, croisés au The White Bull Tavern, regardant Portugal-République démocratique du Congo tout en enchaînant les pintes… à 13 heures.
Midi, en pleine semaine, les supporters écossais sont déjà nombreux dans les bars. « On ouvre entre 10 et 11 heures, et ils sont là dès le début », raconte Patrick, manager du pub décoré de drapeaux écossais. « On n’a jamais vu ça. Même pour les Celtics ou les Red Sox, personne ne boit aussi longtemps. Normalement, les gens sont K.O. plus vite. »
Cette endurance légendaire a posé un problème inattendu : la pénurie de stock. « On ne pensait pas que ça partirait si vite. On n’avait pas fait de commandes démesurées. Faut croire que ce n’était pas la bonne stratégie », confie Patrick, qui contrôle les pièces d’identité pour les moins de 21 ans.
Même constat au Hennessy’s. « On avait beaucoup de bières, mais on a quand même été à court de stock, sourit Duncan, membre du staff. Ils boivent tout le temps. On refait les stocks tous les un ou deux jours. Pour vendredi, on sera prêt pour leur dernier match contre le Maroc. »
Les Bostonians pas habitués
Le Landsdowne, adjacent à Fenway Park, était mieux préparé. « On n’était pas en rupture car on avait prévu large, assure Marshall. Les jours de match, il faut prévoir large, mais je n’aurais jamais imaginé voir des gens boire à ce point. Les autorités ont fermé les rues trois heures plus tôt que d’habitude parce qu’ils buvaient dans les rues. On n’est pas habitués. »
Boston vit au rythme écossais pendant cette Coupe du monde. Nos trois professionnels sont formels : aucune autre fan base n’atteint ce niveau. Pas même les Anglais, ni les Américains, selon Marshall. Quand on sait l’ardeur des Américains à célébrer leur pays, c’est dire l’exploit des Écossais. Chapeau !
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