Un sauvetage in extremis à Cannes
« Un tel chien pèse 45 kilos, Leonidas pesait seulement 20 kilos. » C'est le constat bouleversant de l'association Papattes Villeneuvoises lorsqu'elle a découvert Leonidas, un Bully XXL, séquestré, affamé et battu dans un appartement de Cannes-la-Bocca. Sauvé de justesse, le canidé entame aujourd'hui une longue reconstruction et attend une famille patiente pour lui offrir une fin de vie paisible.
Le calvaire de Leonidas
Sabine, vice-présidente de l'association, se souvient de l'horreur : « L'appartement n'était plus un logement, c'est un chantier. Derrière la fenêtre du balcon d'un mètre sur deux : la tête de ce molosse collé à la vitre. Il ne tient plus sur ses pattes, il titube. Il a un vulgaire bol d'eau à peine rempli, pas de traces de nourriture. Il est dans un état de maigreur qui choque même les policiers. » Les témoignages du voisinage confirment des bruits de meubles renversés, un chien traîné de force dans les escaliers, et une détresse absolue.
Le propriétaire, un homme de plus de 60 ans, a été condamné par le tribunal correctionnel de Grasse à douze mois de prison ferme pour « abandon volontaire d'un animal domestique l'exposant à un risque immédiat ou imminent de mort ». Sabine confie : « J'ai eu des larmes d'émotions et des frissons lorsque la juge a annoncé le verdict. »
Des séquelles physiques et psychologiques
Lors de la saisie, Leonidas pesait seulement 20 kilos, soit moins de la moitié du poids normal pour un chien de sa race. Le vétérinaire a constaté un état de cachexie extrême, des traces de coups et de maltraitance au niveau de la tête, avec des boursouflures, une grosse entaille sur le museau et des brûlures de cigarettes. Pour l'évacuer, Sabine a dû le porter dans ses bras. « Il ne tenait pas sur ses pattes quand on prenait un dos-d'âne, quand on prenait un virage dans un rond-point. J'ai dû mettre au moins une heure pour aller chez le vétérinaire parce que j'ai conduit tout droit, tout doucement pour ne pas qu'il se casse la figure. » L'association a même dû lui acheter un matelas ergonomique à mémoire de forme, car ses os saillants l'empêchaient de se coucher sur le sol.
Aujourd'hui, Leonidas a retrouvé son physique : il pèse plus de 42 kilos et a retrouvé sa musculature. Mais son esprit reste profondément brisé. Placé en famille d'accueil, il se reconstruit pas après pas. « Ils nous l'ont détruit, ce chien, vraiment psychologiquement. Il a 7 ans et on sent qu'il a 7 ans de souffrance... », déplore Sabine. L'association a fait appel à une comportementaliste professionnelle. Le quotidien de Leonidas est désormais régi par une routine militaire : manger, sortir, être promené et caressé à des heures strictement identiques. « Tous ses horaires précis lui permettent d'avoir un cadre et une confiance autour de lui », explique Sabine. « C'est un chien qui ne fera plus de fêtes, qui ne sautera plus pour faire des câlins et des bisous. C'est un chien qui est détruit à ce niveau-là. Mais son regard peut en dire long. »
Un appel pour une famille d'accueil
Aujourd'hui, Leonidas apprend les plaisirs simples qu'il n'a jamais connus, comme poser ses pattes sur le gazon ou découvrir la nature. Mais pour que sa reconstruction soit complète, il lui faut un foyer définitif. L'association Papattes Villeneuvoises lance un appel vibrant, à l'échelle nationale et européenne (Italie, Suisse), pour lui trouver une perle rare. Le profil recherché est extrêmement spécifique : un environnement calme, sans stimulations excessives, sans bruits brusques. Il faut une famille patiente, prête à respecter son rythme et ses traumatismes. « Ce chien est d'une grande intelligence et d'une douceur extrême. Il est juste traumatisé. Il a le droit à avoir au moins cinq, peut-être six années de fin de vie avec un environnement où il est en confiance, où il peut simplement s'allonger dans l'herbe, manger, boire et profiter d'un jardin. Il a besoin de tranquillité et de respect. »



