Le groupe varois Pizzorno environnement, spécialiste de la gestion des déchets, a inauguré ce vendredi 12 juin le nouveau centre de tri Triazur au Muy, représentant un investissement de 27 millions d'euros. Cette installation de dernière génération peut traiter jusqu'à 56 000 tonnes de déchets par an, soit l'équivalent des déchets recyclables d'une population d'un million de personnes.
Un process modernisé mais des salariés essentiels
Les 65 salariés du centre, bien que discrets, ont été chaleureusement applaudis par les quelque 300 invités présents. Si le nouveau processus de tri est considérablement modernisé, leur travail reste crucial pour améliorer la qualité du tri en bout de chaîne. Christine Leuthy, directrice régionale de Citeo, a rappelé l'enjeu du recyclage : « Nous atteignons 75 % de recyclabilité des plastiques aujourd'hui et bientôt nous serons à 100 %. »
Un investissement soutenu par Citeo
L'éco-organisme Citeo a contribué à hauteur de 2,3 millions d'euros à cet investissement total de 27 millions d'euros. Les travaux ont duré deux ans et demi, comme l'a rappelé Jean-Charles Devalle, directeur de cabinet et des affaires générales de l'entreprise fondée par son grand-père Francis Pizzorno en 1974. Triazur ne reçoit pour l'instant qu'un tiers des déchets du territoire (36 000 tonnes en moyenne), le reste étant traité par Paprec, en attendant que le nouvel outil soit parfaitement rodé d'ici l'automne.
Une capacité régionale
Avec une capacité de 56 000 tonnes, le centre a une vocation régionale. Hervé Antonsanti, directeur valorisation et traitement de déchets de Pizzorno environnement, a précisé : « Nous allons recevoir les déchets d'autres centres de tri en travaux, à Marseille, Cannes, et dans l'attente de celui porté par Sittomat, dans l'aire toulonnaise. »
Une chaîne de tri high-tech
Conçue par la société savoyarde Aktid pour 20 millions d'euros, la chaîne de tri installée sur le site de 34 000 m² trie au rythme de 12 tonnes à l'heure grâce à 45 machines équipées de systèmes de détection optique. L'objectif est d'améliorer le « taux de refus », actuellement de 25 %, soit 9 000 tonnes redirigées vers l'enfouissement ou l'unité de valorisation de Toulon.
Un processus transparent pour les collectivités
Les déchets triés par les particuliers sont collectés par Pizzorno environnement, déchargés en vrac sur le site (600 à 1 000 tonnes par semaine), puis transformés en balles compactes vendues par catégories. Les collectivités restent propriétaires des déchets tout au long du processus. Valérie Français-Tardy, responsable recherche et innovation publique, a souligné l'importance de la sensibilisation : « Nous proposons un plan basé sur un diagnostic, avec des camions de collecte équipés d'IA pour reconnaître la nature des déchets. »
François de Canson, vice-président de la Région, a conclu : « Aujourd'hui, le déchet est une matière première, une ressource stratégique, une part de notre souveraineté, et le recyclage est une puissance. »



