Nissan : un fleuron de l’automobile au bord du précipice
Nissan : un fleuron automobile en crise

Nissan, l'un des plus grands constructeurs automobiles japonais, est confronté à une situation financière critique. Selon des informations rapportées par Le Point, le groupe a annoncé un plan de restructuration drastique incluant la suppression de 9 000 postes dans le monde, soit environ 6,5 % de ses effectifs globaux. Cette décision intervient après une perte nette de 445 milliards de yens (environ 3,7 milliards d'euros) pour l'exercice fiscal 2024-2025, un record historique pour l'entreprise.

Des ventes en chute libre

Les difficultés de Nissan s'expliquent en grande partie par une chute des ventes sur ses principaux marchés. Aux États-Unis, ses ventes ont reculé de 14 % au dernier trimestre, tandis qu'en Chine, la concurrence féroce des constructeurs locaux comme BYD a fait chuter les volumes de 27 %. En Europe, la marque peine également face à la montée en puissance des véhicules électriques asiatiques et aux normes environnementales strictes.

Le directeur général de Nissan, Makoto Uchida, a déclaré : « Nous devons prendre des mesures douloureuses pour assurer la survie de l'entreprise. La réduction des coûts est impérative, mais nous concentrons aussi nos efforts sur les modèles électriques et hybrides. » Selon lui, le groupe veut lancer 16 nouveaux véhicules électriques d'ici 2027.

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Un plan de sauvetage en trois axes

Le plan de restructuration repose sur trois piliers : réduction des capacités de production de 20 %, rationalisation de la gamme de modèles (suppression de 10 % des variantes) et recentrage sur les marchés rentables. Nissan prévoit également de fermer une usine en Espagne et de réduire la production dans son site historique de Yokohama.

Les syndicats dénoncent une « casse sociale » et réclament des garanties sur les reclassements. Selon un porte-parole du syndicat majoritaire, « ces suppressions d'emplois sont un choc pour les salariés, d'autant que Nissan avait déjà supprimé 12 000 postes en 2020 ». Le gouvernement japonais, de son côté, suit de près la situation et n'exclut pas une intervention si la crise s'aggrave.

L'impact sur l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi

Cette crise a des répercussions sur l'alliance avec Renault et Mitsubishi. Renault, qui détient 43 % de Nissan, a déjà pris ses distances en réduisant sa participation. Selon un analyste de Jefferies, « la situation de Nissan pourrait contraindre Renault à renégocier les termes de l'alliance, voire à céder ses parts si la situation empire ». Les discussions seraient en cours pour un nouveau plan de soutien, mais aucune annonce officielle n'a été faite.

Le cours de l'action Nissan a chuté de plus de 30 % depuis le début de l'année, ramenant la capitalisation boursière à environ 1 200 milliards de yens (10 milliards d'euros), son plus bas niveau depuis 2011.

Quel avenir pour le constructeur ?

Les experts estiment que Nissan doit impérativement redresser ses ventes aux États-Unis et en Chine, tout en accélérant dans l'électrique. Le groupe mise sur un nouveau SUV électrique destiné au marché américain, dont le lancement est prévu pour 2026. Mais la concurrence est rude : Tesla, BYD et les constructeurs coréens dominent déjà ce segment.

Malgré ces défis, Nissan conserve des atouts, notamment une solide présence en Asie du Sud-Est et une réputation de fiabilité. Le succès du plan de restructuration dépendra de la capacité du groupe à exécuter ces réductions sans perdre en compétitivité. La direction a promis un retour aux bénéfices d'ici 2027, mais les marchés restent sceptiques.

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