Le permis de construire tant attendu pour le projet de villas de standing sur la presqu'île de Giens, à Hyères, a été accordé. Le promoteur Jean-Pierre Strugo annonce que les travaux pourront démarrer avant la fin de l'année, dès que le permis sera définitif, et s'achever pour l'été prochain.
Un projet longtemps contesté
Ce projet, qui vise à transformer l'ancien village vacances situé à l'arrière de la plage de la Badine, a été marqué par des années de controverses et de procédures. Après un feu vert du Tribunal administratif au début de l'été, le promoteur a enfin obtenu le précieux sésame. « Nous avons enfin obtenu le permis de construire, qui va nous permettre de lancer cette opération », se réjouit Jean-Pierre Strugo.
Le projet prévoit la démolition d'une quarantaine de bungalows et d'un restaurant, remplacés par cinq villas avec piscine et garage sous-terrain. La voirie sera également repensée pour faciliter l'accès des pompiers et créer un chemin piéton vers la plage.
Un « modèle écologique et environnemental »
Jean-Pierre Strugo met en avant la concertation menée avec les associations locales (CIL, Asnapig, FNE, Changer d'ère) pour élaborer un projet qu'il qualifie de « modèle écologique et environnemental ». « Le projet était bon, grâce aux associations, il est maintenant excellent », ajoute-t-il avec une pointe de provocation.
Sur un terrain de près de 5 hectares, l'architecte hyérois Jérôme Cano a dessiné cinq villas destinées à se fondre dans la nature. Le promoteur souligne que la concertation a permis d'intégrer les recommandations des associations, notamment en matière d'implantation et d'intégration paysagère.
Des années de procédure
Le projet avait été suspendu à différentes procédures, notamment après que les associations de protection de l'environnement, France Nature Environnement et Changer d'ère, eurent relevé des irrégularités dans le projet initial, comme l'implantation trop proche du littoral. Elles avaient également exigé la soumission du dossier à la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS), un oubli réparé l'année dernière avec un document relevant une quinzaine de points à revoir.
De son côté, le promoteur avait lancé une pétition l'été dernier pour dénoncer la virulence des associations, mais il se félicite aujourd'hui de l'aboutissement du processus.
Trois phases de chantier
Concrètement, le chantier se déroulera en trois phases. D'abord, la démolition des 40 bungalows, décrits comme « des constructions disgracieuses et infestées d'amiante », ainsi que du restaurant et des 150 places de parking. Ensuite, la construction des cinq villas de 160 m² chacune, sur des parcelles allant de 4 200 à 9 500 m². Enfin, la renaturation de la bande littorale avec un paysage dunaire agrémenté de ganivelles et la création d'un accès piéton vers le sable.
Les associations restent vigilantes
Les associations de protection de l'environnement ne comptent pas baisser la garde. « On ne va pas signer un chèque en blanc », prévient le responsable de l'antenne varoise de France Nature Environnement. Il compte utiliser les deux mois de délai légal pour « regarder dans le détail si le nouveau permis de construire respecte à la lettre les recommandations de la CDNPS ». Il portera une attention particulière aux conditions de démolition des bungalows amiantés et au traitement des déchets.
Le promoteur, quant à lui, espère que ce projet, qui a fait l'objet de nombreuses discussions, pourra enfin voir le jour et contribuer à l'attractivité de la presqu'île de Giens.



