Fermetures de services fiscaux : nouvelle réorganisation en vue
Fermetures de services fiscaux : nouvelle réorganisation

Le ministre délégué aux Comptes publics, Laurent Saint-Martin, a annoncé ce jeudi une nouvelle réorganisation du réseau local de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP). Cette réforme prévoit la fermeture de plusieurs services fiscaux de proximité d'ici 2027, dans le cadre d'une rationalisation des effectifs et des implantations.

800 suppressions de postes d'ici 2027

Selon les informations communiquées par le ministère, cette réorganisation entraînera la suppression de 800 postes sur l'ensemble du territoire. Les agents concernés seront redéployés vers d'autres missions au sein de la DGFiP, notamment dans les services dématérialisés et les centres d'appels. Le ministre a justifié cette décision par la nécessité d'adapter l'administration fiscale à la digitalisation croissante des démarches des contribuables.

Les fermetures concerneront principalement les petites trésoreries et les centres des impôts situés dans les zones rurales et périurbaines. Au total, 150 points de contact avec les usagers devraient disparaître d'ici trois ans. Le ministère assure que des permanences itinérantes et des partenariats avec les mairies seront mis en place pour maintenir un service de proximité.

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Réactions des syndicats et des élus locaux

Les syndicats de la DGFiP ont immédiatement réagi en dénonçant une "hémorragie de services publics" et une "désertification fiscale" des territoires. Selon le syndicat Solidaires Finances publiques, cette réorganisation va aggraver les difficultés d'accès aux droits pour les contribuables les plus fragiles, notamment les personnes âgées et les non-internautes.

Les élus locaux, en particulier dans les départements ruraux, ont également exprimé leur inquiétude. Le président de l'Association des maires de France, David Lisnard, a déclaré : "Les maires sont en première ligne pour accompagner les citoyens dans leurs démarches administratives. La suppression de ces services fiscaux va transférer une charge supplémentaire sur les communes, sans compensation financière."

Un plan d'économies pour Bercy

Cette réorganisation s'inscrit dans le cadre des efforts de réduction des dépenses publiques voulus par le gouvernement. Le ministère de l'Économie et des Finances vise une économie de 150 millions d'euros par an à partir de 2028 grâce à cette rationalisation. La DGFiP compte actuellement environ 100 000 agents et plus de 4 000 points d'accueil dans toute la France.

Le ministre a précisé que les fermetures seront progressives et que des consultations locales seront organisées avec les élus et les usagers avant chaque décision. "Nous ne voulons pas laisser de territoire sans solution", a-t-il affirmé, en citant l'exemple de la mise en place de "France Services" dans les zones concernées.

Une tendance de fond

Cette annonce s'ajoute à une série de réformes de l'administration fiscale depuis plusieurs années. En 2020, la fusion des trésoreries et des centres des impôts avait déjà entraîné la suppression de 1 200 postes. La dématérialisation des déclarations de revenus et le prélèvement à la source ont également réduit les besoins de guichets physiques.

Selon la Cour des comptes, dans un rapport de 2024, le réseau de proximité de la DGFiP reste encore trop dense par rapport aux usages numériques des contribuables. L'institution avait recommandé une nouvelle vague de regroupements pour améliorer l'efficience du service public fiscal.

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