Taxation des héritages : 69% des seniors européens la jugent trop élevée
69% des seniors européens jugent les taxes d'héritage trop élevées

Une majorité de seniors européens critique la fiscalité sur les transmissions de patrimoine

Une étude publiée mardi par l'observatoire Cetelem de BNP Paribas dévoile un sentiment largement partagé à travers le Vieux Continent. Près de sept seniors européens sur dix, soit 69%, considèrent que les impôts et taxes liés aux transmissions de patrimoine, comme les héritages ou les donations, sont trop élevés dans leur pays respectif.

Une enquête approfondie dans dix pays européens

Cette recherche, menée annuellement depuis 1985, s'est focalisée sur l'édition 2026 avec un échantillon de 10 930 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatives selon la méthode des quotas. Les sondages en ligne, réalisés par Toluna Harris Interactive du 19 novembre au 1er décembre, ont couvert l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, l'Italie, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, le Royaume-Uni et la Suède.

Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem, souligne que la question de l'héritage, qualifiée d'"éminemment politique", se révèle "sensible partout en Europe", particulièrement auprès des répondants de 60 ans et plus, dans un contexte de vieillissement accéléré de la population.

Des disparités nationales significatives

Les résultats montrent des écarts considérables entre les nations. Les Belges apparaissent comme les plus critiques, avec 90% des seniors estimant les taxes trop élevées, suivis des Français à 82%. Les Italiens (79%), les Roumains et Portugais (78%), ainsi que les Espagnols (75%) expriment également une forte insatisfaction.

En revanche, les Suédois se distinguent avec seulement 31% de mécontents, bien qu'ils puissent être soumis à un impôt sur les plus-values malgré l'absence de taxe sur les successions et dons.

Un soutien financier intergénérationnel marqué

Parallèlement, l'étude met en lumière une volonté affirmée des seniors d'aider leur descendance. Huit seniors européens sur dix jugent important de soutenir financièrement leurs enfants, et 68% de ceux ayant une progéniture participent au moins occasionnellement à leurs dépenses.

Flavien Neuvy anticipe un "transfert massif" de patrimoine des baby-boomers, nés après-guerre et aujourd'hui retraités, vers les générations suivantes. "On n'est qu'au tout début de la question de l'héritage en Europe", affirme-t-il, en soulevant des interrogations cruciales sur l'utilisation future de ces capitaux.

L'économiste s'interroge : "Comme la population vieillit, les enfants, aujourd'hui, n'héritent pas avant 50 ou 60 ans, à un âge où, justement, ils ont déjà leur maison [...] alors qu'est-ce qu'ils font de cet argent ? C'est un vrai sujet passionnant". Cette réflexion souligne les défis économiques et sociaux posés par ce phénomène de transmission dans un continent en pleine mutation démographique.