Un job dating industriel pour rapprocher entreprises et jeunes talents en Haute-Gironde
Le Club Industrie Haute Gironde, en collaboration avec la Chambre de Commerce et d'Industrie, le lycée Philippe-Cousteau de Saint-André-de-Cubzac et le lycée de l'Estuaire de Blaye, a organisé la semaine dernière une quatrième édition de job dating dédiée aux métiers industriels. Cet événement, le premier à se tenir à Bayon, a rassemblé dix entreprises et deux organismes de formation face à une soixantaine de lycéens en fin de formation professionnelle.
Promouvoir une industrie moderne et attractive
L'industrie n'est pas sexy ? Voilà précisément l'image que le Club Industrie de Saintonge cherche à effacer pour valoriser un secteur économique essentiel et pourvoyeur d'emplois stables. « Les jeunes sont en fin de formation en CAP ou Bac Pro Maintenance industrielle, Logistique ou Électricité. Ce rendez-vous est pour eux une occasion de trouver une opportunité d'insertion professionnelle ou de poursuivre leurs études via un apprentissage », explique Audrey Ballion, directrice déléguée aux formations professionnelles du lycée Cousteau.
Cet événement constitue un moment privilégié pour établir un contact direct avec le monde industriel et découvrir ses réalités. « Nos jeunes ne sont pas très mobiles, c'est important qu'ils sachent qu'ils peuvent trouver une issue favorable en local. Les entreprises sont en demande, en recherche, les élèves ont une carte à jouer ici », insiste Audrey Ballion.
Un défi de mixité et de représentation
Parmi les participants, une majorité de garçons soulève des questions sur la diversité dans ces filières. « En logistique, il y a un peu plus de mixité, mais en maintenance, il n'y en a pas en Terminale cette année et une seule en électricité », constate la responsable. Un regret partagé, « d'autant que les filles réussissent plutôt bien dans ces filières mais nous avons du mal à les capter. C'est dû à un manque de communication et, encore, à un stéréotype du genre. On oriente les filles vers d'autres filières, ce qui n'est pas forcément légitime ».
L'industrie face aux nouvelles attentes des jeunes
Lionel Matias, patron d'A2R Proximétal à Saint-Aubin-de-Blaye, souligne les défis du recrutement durable : « Le temps de l'industrie est un temps long, il y a le temps de l'apprentissage et celui de la montée en compétences. Or, le rapport au travail des jeunes a changé, les CDI ne constituent plus forcément leur attente, certains s'en vont au bout de six mois en estimant avoir fait le tour de leur boulot. Ce n'est pas possible, on a besoin de stabilité ».
Face à cette réalité, la question de l'adaptation des contrats se pose. « La formulation est très maladroite », concède Lionel Matias à propos du CDI d'essai de trois ans évoqué par le Medef, « mais elle correspond à une question importante : comment est-ce que cette jeunesse voit son avenir ? On a parfois l'impression qu'elle ne se projette pas, sauf sur le court terme. Les jeunes sont anxieux, on doit chercher comment leur redonner confiance ».
Des partenariats concrets pour l'emploi local
Ce job dating s'inscrit dans une démarche plus large de rapprochement entre formation et monde professionnel. « C'est un partenariat efficace. Chaque année, nous avons quelques élèves qui trouvent des contrats d'embauche ou d'apprentissage », note Christine Palauqui-Lacome, proviseure du lycée Cousteau.
L'établissement a par ailleurs renforcé ses collaborations en 2024 avec la signature d'une convention avec Enedis pour une formation spécifique aux réseaux électriques dans le cadre du Bac professionnel Métiers de l'électricité, et d'une autre avec Ikea concernant la formation en logistique. Ces initiatives créent des perspectives d'embauche concrètes pour les jeunes diplômés.
À travers ces actions, le Club Industrie Haute Gironde et ses partenaires démontrent que l'industrie locale offre des opportunités réelles, tout en devant s'adapter aux nouvelles aspirations professionnelles des jeunes générations pour assurer son avenir et celui de l'emploi dans la région.



