Le tribunal de commerce de Draguignan a mis un terme aux espoirs des salariés de Solutions 30 Sud-Est et de GSE. Ce mercredi 17 juin 2026, il a prononcé la liquidation judiciaire de ces deux filiales du groupe luxembourgeois spécialisé dans l'installation de réseaux de télécommunications, notamment la fibre optique. Les employés, rassemblés devant le tribunal avec le soutien de la CGT et de la CFDT, espéraient un sursis qui n'est pas venu.
Une situation financière irrémédiable
Lors de l'audience, le rapport de l'administrateur judiciaire a été présenté, concluant à l'absence de toute possibilité de redressement et à un manque total de trésorerie. Maître Zoran Ilic, avocat des salariés, a exprimé son inquiétude : « Il en ressort qu'il n'y a pas de possibilité de redressement et plus de trésorerie. » Les 200 collaborateurs, principalement basés au Luc, mais aussi à Aix-en-Provence et dans les Alpes-Maritimes, seront licenciés dans les 20 jours suivant la liquidation, avec une indemnité minimale prise en charge par l'AGS.
Le dirigeant de Solutions 30 Sud-Est, Cédric Champenaud, a indiqué : « Nous avons fait des propositions pour que le repreneur du contrat d'Orange vienne rencontrer les salariés, au Luc, afin de leur proposer des postes. » Cependant, Orange a clairement déclaré le 11 juin dernier ne pas être à l'origine des difficultés de ses sous-traitants.
Des accusations d'opacité
Lors de l'audience, la direction a rejeté la responsabilité sur Orange, suscitant l'ironie d'un représentant du personnel. Le procureur de la République a souligné à plusieurs reprises « l'opacité » du dossier, notamment dans les relations entre la maison mère Solutions 30 et ses filiales. Maître Ilic s'est étonné : « Je n'ai jamais vu ça, la société GSE avait un EBE positif en 2025 et se retrouve aujourd'hui en liquidation ! J'ai demandé au tribunal comment il allait prononcer la liquidation, alors qu'on ne lui a pas transmis les comptes sociaux ! »
Cédric Champenaud a attribué cette opacité à un « défaut de compréhension », affirmant que le groupe était prêt à s'expliquer. Mais l'avocat des salariés a invité le tribunal à mandater un juge-commissaire pour enquêter sur les éventuelles erreurs de gestion et l'implication du groupe luxembourgeois.
Un sentiment de déjà-vu pour les salariés
Les salariés estiment que rien n'a été fait pour maintenir l'activité des filiales, qui dépendaient fortement du groupe, notamment pour les formations. Ce mercredi, ils ont seulement reçu l'assurance que leurs salaires de juin seraient payés. Certains ont exprimé un sentiment de sidération, comme cette salariée de Trans-en-Provence : « Je crois que pour l'instant je suis dans la sidération. »
Cette liquidation rappelle d'autres cas de sous-traitants disparus, laissant place à de nouveaux acteurs et impactant les sous-traitants de second rang. L'avenir des 200 employés reste incertain.



