Short vs costume : la révolte des jeunes au bureau
Short vs costume : la révolte des jeunes au bureau

Une étude menée par l'institut Ifop pour le compte de l'application de rencontres professionnelles Linkup révèle que 68% des moins de 35 ans considèrent le code vestimentaire imposé au bureau comme « obsolète ». Ce chiffre monte à 74% chez les 18-24 ans. Pour 62% des jeunes actifs, le port du costume est perçu comme un symbole de conformisme et non de compétence.

Un rejet générationnel des normes vestimentaires

L'enquête, réalisée en mai 2026 auprès de 2 003 personnes représentatives de la population active française, montre un clivage générationnel marqué. « Un homme en short est aussi compétent qu'un homme en costume », affirme Marie Dupont, sociologue spécialiste du travail à l'université Paris-Dauphine, citée dans l'étude. Ce sentiment est partagé par 58% des 25-34 ans, contre seulement 22% des plus de 55 ans.

Les jeunes remettent en cause l'idée que l'habit ferait le moine. Pour 71% des 18-30 ans, la compétence professionnelle ne se lit pas dans le choix vestimentaire. Cette proportion chute à 39% chez les 50-64 ans. Les secteurs les plus concernés par cette contestation sont la tech (81%), le marketing (76%) et les start-up (83%).

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Des entreprises qui assouplissent leurs codes

Face à cette pression, certaines entreprises commencent à adapter leurs règles. Selon le cabinet de conseil RH AlterNego, 34% des sociétés françaises ont assoupli leur code vestimentaire depuis 2024, principalement dans les secteurs créatifs et numériques. « Le jean et le t-shirt deviennent la norme dans les open spaces, même pour les managers », explique Pierre Martin, DRH d'une grande entreprise de logiciels.

Cependant, dans les secteurs traditionnels comme la banque, l'assurance ou le conseil, le costume reste de rigueur pour les rendez-vous clients. « Le dilemme est réel : comment concilier la liberté individuelle et l'image de sérieux attendue par certains clients ? », interroge l'étude.

Un impact sur le recrutement et la rétention des talents

L'étude révèle également que 43% des 18-34 ans ont déjà refusé une offre d'emploi en raison d'un code vestimentaire jugé trop strict. Ce refus est encore plus élevé chez les diplômés de grandes écoles (51%). « Les jeunes talents plébiscitent les entreprises qui leur permettent d'être eux-mêmes, y compris dans leur tenue », souligne l'enquête.

Les entreprises qui imposent un dress code rigide risquent donc de perdre des candidats. À l'inverse, 67% des jeunes actifs disent être plus fidèles à une entreprise qui autorise une tenue décontractée. « Le costume n'est plus un gage de professionnalisme pour les nouvelles générations, mais un frein à l'expression de leur identité », conclut l'étude.

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