Le samedi 6 juin, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange ont annoncé un accord avec Altice France pour le rachat de sa filiale SFR, pour un montant total de 20,35 milliards d'euros. Cette opération, qui marque un nouveau big bang dans le secteur des télécommunications en France, doit encore être examinée par les autorités de la concurrence.
Les détails de la transaction
Après des négociations intenses, les quatre acteurs ont trouvé un terrain d'entente. Un complément de prix pouvant atteindre 650 millions d'euros est prévu à la clôture de l'opération, espérée au second semestre 2027. Les emplois des salariés de SFR repris sont garantis jusqu'à début 2029.
Cette transaction représente l'une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications. Elle reste soumise à l'examen des autorités de la concurrence, et à ce stade, aucune certitude n'existe quant à sa réalisation.
Répartition entre les trois opérateurs
Selon le protocole d'accord, Bouygues Telecom prendra en charge 42 % du prix de vente, Free-Groupe Iliad 31 % et Orange 27 %, à travers l'acquisition de titres de la société SFR. En termes d'actifs, Bouygues décrocherait le segment B2B de SFR et une partie de ses activités grand public (environ 6,4 millions de clients). Free hériterait des 6 millions de clients de l'offre RED by SFR et de près de 2 millions de clients grand public. Orange se verrait attribuer environ 4,9 millions de clients.
Les trois acquéreurs se partageront également les fréquences exploitées par SFR. Le chiffre d'affaires du périmètre concerné a atteint 8 milliards d'euros en 2025. Bouygues Telecom se taille la part du lion (52 %), devant Iliad (27 %) et Orange (21 %).
Réactions et perspectives
Les opérateurs soulignent que la migration des abonnés et des infrastructures constitue un programme industriel pluriannuel. Ils visent des synergies significatives pour renforcer leurs capacités d'investissement.
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a estimé que cette annonce marque une étape majeure pour le secteur télécom français et européen. Il a appelé à un examen approfondi par les autorités de la concurrence.
Le PDG d'Altice France, Arthur Dreyfuss, et le PDG de SFR, Mathieu Cocq, ont indiqué dans un mail interne que cette annonce constitue une étape importante mais que le processus est complexe et exige patience et rigueur. Les trois acheteurs se sont engagés à ouvrir un dialogue social avec les syndicats de SFR.
Thomas Reynaud, directeur général d'Iliad, a salué une bonne nouvelle pour Free et le marché français des télécommunications, rappelant que son groupe avait bouleversé le secteur en 2012 en devenant le quatrième opérateur mobile.



