Les autorités de régulation financière européennes ont une nouvelle fois épinglé les produits structurés, ces placements financiers complexes dont les rendements promis sont souvent loin d'être au rendez-vous. Dans un rapport publié le 22 juin 2026, l'Autorité des marchés financiers (AMF) et ses homologues européennes dénoncent le manque de transparence et la sous-performance chronique de ces produits, qui pèsent pourtant plus de 500 milliards d'euros dans les portefeuilles des épargnants européens.
Des rendements inférieurs aux indices de référence
Selon l'étude, les produits structurés affichent en moyenne un rendement annuel de 2,3 % sur les cinq dernières années, contre 4,1 % pour un indice diversifié d'actions et d'obligations. « Les épargnants sont souvent attirés par la promesse d'un capital garanti ou d'un rendement boosté, mais la réalité est que ces produits sont complexes, chers et peu performants », explique Marie-Anne Barbat, directrice de la gestion d'actifs à l'AMF. Le rapport souligne que 60 % des produits structurés n'ont pas atteint leur objectif de rendement annoncé.
Une opacité critiquée et des frais élevés
Les régulateurs pointent également le manque de lisibilité des conditions de remboursement. « Beaucoup d'investisseurs ne comprennent pas les mécanismes de calcul du rendement, ni les scénarios de perte en capital », ajoute Barbat. Les frais de gestion, souvent compris entre 1,5 % et 3 % par an, grèvent par ailleurs la performance. L'AMF a déjà infligé plusieurs sanctions à des banques pour défaut d'information, et envisage de nouvelles mesures pour encadrer la commercialisation de ces produits.
Un appel à la vigilance des épargnants
Face à ces constats, les régulateurs appellent les épargnants à la plus grande prudence. « Avant de souscrire un produit structuré, il est essentiel de lire attentivement le prospectus, de comprendre les conditions de gain et de perte, et de comparer avec des placements plus simples comme les fonds indiciels », recommande l'AMF. Les associations de consommateurs, comme l'UFC-Que Choisir, saluent ce rapport mais estiment que des mesures plus fermes sont nécessaires, notamment l'interdiction des produits les plus opaques.
Vers un renforcement de la régulation
L'AMF prévoit de publier d'ici fin 2026 une consultation sur une réforme du cadre réglementaire des produits structurés, avec l'objectif d'améliorer la transparence et de limiter les frais. Les banques et assureurs, qui distribuent massivement ces placements, sont mis en demeure de revoir leurs pratiques. En attendant, les épargnants sont invités à se tourner vers des solutions d'épargne plus simples et moins coûteuses.



