Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est rendu à Mérignac (Gironde) lundi, près d'un mois après le mégafeu qui a ravagé le département et entraîné l'évacuation de plusieurs milliers d'habitants. Lors d'un point presse, il a annoncé la délivrance de permis de construire sous un mois, « voire moins d'un mois », pour la reconstruction « en équivalence » des maisons sinistrées. À Saumos, où l'incendie a pris sa source, une dizaine de maisons sont concernées.
Une annonce attendue, mais des précisions nécessaires
Didier Chautard, maire de Saumos, a réagi aux annonces du Premier ministre. Il souligne que ces mesures étaient déjà « dans les tuyaux » : « Il y avait une vraie volonté de l'Etat de simplifier les démarches et de réduire les délais dans la mesure du possible, c'est ce qu'il y a de mieux à faire. » Il reste toutefois prudent : « Je reste en retrait, le gouvernement avait déjà fait des annonces en ce sens lors des incendies de 2022. Cette fois nous aimerions avoir plus de détails et être intégrés pleinement aux discussions, savoir comment tout cela va s'organiser et se transformer. »
Quels risques pour la délivrance rapide des permis ?
Interrogé sur les risques éventuels, le maire précise que les zones surveillées se situent principalement en forêt. « Aux abords des habitations, il n'y a plus risques de reprises, tout a été réglé quasiment aussitôt », assure-t-il. L'engagement de l'Etat porte sur la simplification et l'accélération des constructions qui ne présentent aucun problème de risques incendie ou inondation. Pour les délais, il estime que « si nous prenons en compte ce délai d'un mois avant le début des procédures, nous partons plutôt sur des démarches hivernales avec des travaux au printemps, dans ce cas je pense que ce n'est pas utopique d'amener un tel projet ».
Il n'exclut pas des cas particuliers : « Nous pourrons éventuellement émettre des doutes, ce sera du cas par cas, et dans ce cas, le processus de construction prendra plus de temps. » Si un propriétaire souhaite déplacer sa maison pour éviter un nouveau risque d'incendie, des études plus poussées devront être envisagées.
Organisation pour les habitants et calendrier
La mesure de reconstruction est en partie portée par la volonté des propriétaires de regagner leurs habitations rapidement. « Je pense également que c'est le mieux à faire si cela ne représente aucun risque pour eux. Mais il ne faut pas confondre rapidité et précipitation, il faut que ce soit bien fait », insiste Didier Chautard. Pour le moment, il n'a pas connaissance du partage des budgets ni des modalités précises : « Nous n'avons pas la notion de partage des budgets, de comment cela va s'organiser, ni sous quels calculs. »
Sur la commune de Saumos, la mesure concerne dix à onze logements de taille moyenne. Le maire estime qu'« entre le début de projet et la fin des constructions il va falloir compter, à mon sens, un an minimum ». Il précise que sur une commune comme Le Porge, tout ne pourra pas se faire en même temps, soulignant la complexité logistique de la reconstruction à grande échelle.



