Le gouvernement français étudie la possibilité d'exclure certains fonds du plan d'épargne en actions (PEA), afin de recentrer ce dispositif fiscal avantageux vers le financement des entreprises européennes. Cette mesure, rapportée par Le Monde le 25 août 2026, vise à renforcer l'impact du PEA sur l'économie réelle, mais soulève des questions sur l'attractivité de ce placement pour les épargnants.
Une réforme pour recentrer le PEA sur les actions
Selon les informations du quotidien, l'exécutif souhaite modifier les règles d'éligibilité des fonds au PEA. Actuellement, ce plan permet d'investir dans des actions européennes et dans certains fonds, notamment des ETF (trackers) qui répliquent des indices boursiers. Le gouvernement envisage de restreindre cette liste pour privilégier les fonds qui investissent directement dans des titres vifs d'entreprises de l'Union européenne.
Les fonds monétaires, qui offrent une liquidité quasi immédiate avec un rendement faible, pourraient être les premiers exclus. Ces produits, souvent utilisés comme une poche de trésorerie au sein du PEA, ne contribuent pas, selon Bercy, au financement des entreprises. Leur exclusion viserait à encourager les épargnants à orienter leurs versements vers des actifs plus risqués mais plus utiles à l'économie.
Un impact sur les épargnants et les gestionnaires d'actifs
Cette réforme potentielle inquiète les gestionnaires d'actifs, qui y voient une complexification du dispositif. Les ETF, très populaires auprès des investisseurs particuliers pour leur faible coût et leur simplicité, pourraient également être concernés. Si certains ETF éligibles au PEA répliquent des indices européens, d'autres, plus exotiques, pourraient ne plus être autorisés.
Pour les épargnants, l'exclusion de certains fonds pourrait réduire la diversification de leur portefeuille. Le PEA, plafonné à 150 000 euros pour les versements, offre un cadre fiscal avantageux : les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu après cinq ans de détention, seuls les prélèvements sociaux (17,2 %) s'appliquent. Toute modification des produits éligibles pourrait inciter certains à se tourner vers d'autres enveloppes, comme l'assurance-vie.
Une consultation en cours avant une éventuelle adoption
Le gouvernement n'a pas encore tranché, mais une concertation avec les professionnels du secteur est en cours, selon Le Monde. L'objectif affiché est de renforcer le rôle du PEA dans le financement des PME et des ETI européennes, conformément aux priorités de l'Union des marchés de capitaux. Toutefois, aucune date précise n'a été communiquée pour une éventuelle mise en œuvre.
En attendant, les épargnants détenteurs de fonds potentiellement exclus devront surveiller l'évolution de la réglementation. Si la réforme aboutit, ils pourraient être contraints de céder ces parts, avec des implications fiscales. Les gestionnaires, eux, devront adapter leur offre pour rester conformes aux nouvelles règles. L'équilibre entre efficacité économique et protection de l'épargnant reste au cœur des débats.



