Nicolas Trotouin, secrétaire général de la Ligue de l'enseignement de Lozère, exprime son inquiétude face aux difficultés financières qui menacent la survie des associations, en particulier celles employant des salariés. Il n'y a pas que l'État qui peine à équilibrer son budget ; depuis plusieurs années, les associations luttent pour leur survie en raison de la diminution des financements.
Une situation alarmante
« Nous avons compté jusqu'à 28 salariés. Aujourd'hui, nous n'en avons plus que 11. Nous avons donc procédé à des licenciements économiques et à des départs volontaires d'environ dix personnes depuis mai 2024. Cette situation est nationale. Ce n'est pas propre à la Ligue de l'enseignement. De nombreuses fédérations sont dans le même cas. L'année dernière, nous avons perdu plus de 120 000 euros de subventions », dénonce Nicolas Trotouin.
Un constat amer
« Les collectivités ont de plus en plus de mal à boucler leur budget, ce qui se comprend. Par conséquent, tout ce qui relève du mandat associatif et du périscolaire est un peu le parent pauvre », regrette-t-il. Cette situation désespère le secrétaire général : « On se rend compte du manque du monde associatif quand il disparaît. Si nous ne sommes pas là, vous ne mesurez pas les effets sur la société au quotidien. L'accueil périscolaire, ce sont des associations. Le travail social, le monde sportif, le monde culturel, les trois quarts sont gérés par des associations. »
Un appel à la solidarité
Il déplore également le manque d'engagement et de solidarité dans la société, un autre domaine dans lequel les associations œuvrent. « Nous sommes là pour créer cela. C'est pourquoi nous avons créé des espaces d'expression, que nous continuons à le faire, que nous allons dans les petits villages, que nous diffusons des spectacles avec très peu de moyens. Mais jusqu'à quand ? »
Une économie circulaire
Au-delà des services rendus aux citoyens, Nicolas Trotouin rappelle que l'argent investi est réinjecté dans l'économie locale. « Les salaires génèrent de la consommation, des taxes foncières, des taxes locales. Sans compter tout ce que nous achetons. Nous ne thésaurisons pas. Par exemple, nous achetons pour 100 000 euros de nourriture par an sur le bassin mendois. Nous dépensons entre 30 000 et 40 000 euros de transport. »



