Logitech : l'IA ne remplacera pas la souris et le clavier, elle les renforcera
Logitech : l'IA ne remplacera pas la souris et le clavier

Face au tsunami de l'intelligence artificielle, beaucoup prédisent le meilleur, mais aussi le pire. Autour de l'ordinateur, Mac ou PC, la transformation de nos usages pourrait remettre en cause ceux des classiques souris et claviers que nous utilisons depuis des décennies. C'est en tout cas ce que prédisent les développeurs de solutions « IA agentique », capables de décider seules de certaines tâches en les automatisant. Les fabricants de périphériques informatiques défendent, eux, un tout autre point de vue. 20 Minutes a interrogé Jean-Christophe Hemes, directeur des produits et de l'innovation pour le mastodonte suisse Logitech, pour connaître ses intentions et ses arguments.

L'IA ne remplace pas les périphériques, elle les rend plus importants

Selon Jean-Christophe Hemes, « l'IA bouscule notre relation avec les périphériques, non en les remplaçant, mais en renforçant leur importance. Ils sont aujourd'hui essentiels, tant pour l'humain que pour l'intelligence des machines. » Depuis toujours, les produits Logitech forment un pont intuitif entre l'humain et la machine. Ils constituent le prolongement naturel de nos mains (claviers, souris) et augmentent nos capacités visuelles, auditives et vocales (caméras, haut-parleurs, casques) pour nous laisser interagir librement. Face à une IA toujours plus multimodale, les périphériques informatiques deviennent indispensables. Réciproquement, l'IA a besoin de ces équipements pour percevoir le monde et nous comprendre. Caméras et casques micros deviennent en quelque sorte ses yeux et ses oreilles pour capter notre présence et nos intentions, le tout sous le contrôle absolu de l'humain, qui peut activer et désactiver ces fonctions d'un simple bouton.

La souris n'est pas morte, malgré les prédictions

Interrogé sur l'avenir de la souris, Jean-Christophe Hemes rappelle que « cela fait des décennies que l'on prédit la mort de la souris ! Plus récemment, nous avons assisté à un débat sur le remplacement du clavier par la voix. L'expérience nous montre pourtant que ces théories sont bien exagérées : les nouvelles interactions sont graduellement ajoutées aux anciennes sans les remplacer. » Il cite des exemples : les interfaces graphiques n'ont pas remplacé le clavier, les écrans tactiles n'ont pas remplacé la souris, les montres connectées n'ont pas remplacé les téléphones. Les utilisateurs passent d'une interaction à l'autre de façon fluide et n'ont pas encore trouvé de moyen plus naturel et intuitif pour naviguer sur leur ordinateur. Ces technologies s'imposent comme le véritable centre de commandement à partir duquel l'humain interagit avec l'IA. Chacune y joue un rôle unique et parfaitement complémentaire : la souris assure une navigation rapide et précise, le clavier permet de structurer et de corriger le texte, tandis que la voix est idéale pour le brainstorming et les premiers jets spontanés. Qu'il s'agisse de faire des recherches, de rédiger ou d'élaborer des requêtes (prompts), les utilisateurs basculent intuitivement d'un mode à l'autre au fil de leur travail.

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Des usages enrichis pour la souris et le clavier

L'usage futur de la souris et du clavier sera dicté par notre besoin du moment. « L'évolution ne va pas faire disparaître ces outils, elle va les enrichir », affirme Hemes. Pour la rapidité et le brainstorming, la voix sera idéale. Les micros des casques audio et des webcams deviennent des périphériques indispensables avec leur capacité à réduire le bruit ambiant et à se focaliser sur votre voix. Quand il faudra peaufiner un document, faire de la mise en page ou de l'édition vidéo, et guider l'IA dans les modifications plus fines, le duo clavier-souris restera plus efficace. Même lors de conversations avec l'IA, l'être humain aura toujours ce besoin fondamental de montrer et désigner. Le concept de « pointage » ne bougera pas. Un exemple récent vient de Google DeepMind qui explore les nouvelles capacités de l'IA autour du curseur de la souris.

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L'humain reste central face à l'IA

Selon Logitech, le rôle de l'humain restera absolument central. « Nous n'assistons pas encore à un bouleversement soudain ou à un remplacement de l'être humain, mais plutôt à une augmentation de ses capacités. L'IA s'intègre pleinement à l'expérience humaine, et l'humain peut la piloter », explique Hemes. La vitesse de cette transition dépendra de facteurs purement humains, tels que la confiance en l'IA et notre adaptabilité face à son usage. Il s'agit d'un processus souvent progressif et rarement linéaire. Les individus doivent intégrer l'IA dans le flux de leur quotidien et de leur travail, ce qui n'est pas toujours un chemin simple ni direct.

L'ergonomie évolue pour réduire la fatigue mentale

Les nouveaux usages influent sur l'ergonomie des produits périphériques. « Complètement ! L'ergonomie ne se résume plus uniquement à la forme des périphériques, elle doit aussi réduire la fatigue mentale face aux flux d'informations », souligne Hemes. Le rôle de nos outils évolue. Le clavier, par exemple, ne va plus seulement servir à taper des lettres une par une, il devient un véritable centre de pilotage. La souris et le clavier de demain garderont leur forme idéale pour les mains, mais ils intégreront nativement des passerelles directes vers l'IA. C'est déjà le cas sur les produits grand public comme la gamme POP Icon ou la souris Signature M650, qui possèdent des boutons personnalisables pour lancer des actions automatisées. Logitech adapte le matériel pour rendre l'IA simple, accessible et, au fond, beaucoup plus humaine.