La Fonderie de Bretagne, située à Caudan (Morbihan) et spécialisée dans la fabrication de pièces de fonderie pour l'industrie ferroviaire et navale, a annoncé ce lundi 26 juin 2026 qu'elle allait demander son placement en redressement judiciaire. Cette décision intervient moins de trois ans après son rachat par le groupe Europlasma, spécialiste du traitement des déchets, en décembre 2023.
Des difficultés financières persistantes
L'entreprise, qui emploie environ 200 salariés, n'a pas réussi à retrouver un équilibre économique malgré les investissements réalisés par son nouveau propriétaire. Selon un communiqué de la direction, la demande de redressement judiciaire vise à "protéger l'entreprise et ses emplois" et à "permettre la poursuite de l'activité pendant la période d'observation". Le tribunal de commerce de Lorient devrait être saisi dans les prochains jours.
Europlasma avait acquis la Fonderie de Bretagne en 2023 pour un montant non divulgué, promettant de moderniser l'outil de production et de diversifier les débouchés. Cependant, la conjoncture économique difficile, marquée par la hausse des prix de l'énergie et des matières premières, a compromis ces plans. "Nous avons fait face à une augmentation de 30% de nos coûts énergétiques en 2024, ce qui a grevé notre trésorerie", a expliqué un porte-parole de l'entreprise.
Un contexte industriel tendu
La Fonderie de Bretagne n'est pas un cas isolé. Le secteur de la fonderie en France traverse une crise profonde, avec une baisse de la demande dans l'industrie ferroviaire et navale. Selon les données du Syndicat de la fonderie, la production a chuté de 12% en 2025 par rapport à l'année précédente. Plusieurs fonderies ont déjà fermé leurs portes ces dernières années, notamment dans l'Ouest de la France.
La direction de la Fonderie de Bretagne espère que le redressement judiciaire permettra de trouver un repreneur ou de renégocier les dettes. "Notre objectif est de sauver l'entreprise et de préserver les emplois. Nous avons des atouts, notamment un savoir-faire reconnu et des clients fidèles", a déclaré le directeur général, Jean-Pierre Le Goff, dans un entretien à Ouest-France.
Réactions des salariés et des élus
Les syndicats se disent inquiets pour l'avenir des salariés. "C'est un choc. On nous avait promis des lendemains meilleurs après le rachat par Europlasma, mais on se retrouve dans une situation pire qu'avant", a déploré un délégué syndical CGT. Les élus locaux ont également réagi, appelant à une mobilisation pour sauver le site. Le maire de Caudan, Fabrice Vély, a demandé une réunion d'urgence avec le préfet et les représentants d'Europlasma.
Le redressement judiciaire pourrait durer plusieurs mois. Pendant cette période, la Fonderie de Bretagne continuera à fonctionner sous la supervision d'un administrateur judiciaire. Les salaires des employés sont garantis par l'AGS (Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés) en cas de liquidation.



