Les syndicats d'EDF ont appelé à une grève le 25 juillet 2026 pour défendre le tarif préférentiel d'électricité accordé aux employés de l'entreprise. Ce dispositif, qui permet aux salariés et retraités d'EDF de bénéficier d'une réduction sur leur facture d'électricité, est jugé trop coûteux par la Cour des comptes. Selon un rapport publié en juin 2026, ce tarif représenterait un manque à gagner de 1,2 milliard d'euros par an pour l'entreprise.
Un avantage historique contesté
Le tarif préférentiel, instauré en 1946 lors de la nationalisation de l'électricité, est considéré par les syndicats comme un acquis social majeur. Il permet aux quelque 150 000 bénéficiaires (salariés, retraités et veufs) d'économiser en moyenne 400 euros par an. La direction d'EDF, soutenue par l'État actionnaire, souhaite réformer ce dispositif pour réduire les coûts et aligner l'entreprise sur les règles du marché.
La Cour des comptes, dans son rapport, estime que ce tarif est "disproportionné" et qu'il pèse sur la compétitivité d'EDF. Elle recommande de le supprimer progressivement ou de le réduire significativement. Selon le rapport, le coût total du dispositif depuis 2016 s'élève à 8,5 milliards d'euros, un montant jugé "excessif" par les magistrats financiers.
La réaction des syndicats
Les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC) dénoncent une remise en cause d'un droit historique. "Ce tarif est un élément clé de notre statut, il compense des années de travail dans des conditions difficiles", a déclaré un représentant de la CGT. "La Cour des comptes et la direction veulent faire des économies sur le dos des salariés, alors que l'entreprise réalise des bénéfices importants."
Selon les syndicats, la grève du 25 juillet pourrait perturber la production et la distribution d'électricité, notamment dans les centrales nucléaires. Ils menacent de reconduire le mouvement si leurs revendications ne sont pas entendues. La direction d'EDF, de son côté, se dit ouverte à la discussion mais rappelle la nécessité de maîtriser les coûts pour assurer la transition énergétique.
Un enjeu politique et social
Le gouvernement, actionnaire à 84 % d'EDF, est pris entre deux feux. D'un côté, il doit respecter les règles européennes de concurrence et réduire les dépenses publiques ; de l'autre, il doit ménager un électorat sensible aux questions de pouvoir d'achat. Le ministre de l'Économie a déclaré que des "discussions sont en cours pour trouver une solution équitable".
Le tarif employé d'EDF est souvent comparé à d'autres avantages dans les entreprises publiques, comme ceux de la SNCF ou de La Poste. Selon un sondage Ifop réalisé en juillet 2026, 62 % des Français estiment que ces tarifs préférentiels sont injustifiés dans un contexte de hausse des prix de l'énergie. Cependant, 55 % des salariés du secteur public les jugent légitimes.
La grève du 25 juillet s'annonce comme un test pour la direction d'EDF et pour le gouvernement. Les syndicats espèrent mobiliser largement, tandis que la Cour des comptes attend des mesures concrètes pour réduire le déficit de l'entreprise.



