La filière française du drone civil et militaire a annoncé lundi l'investissement de la base aérienne de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, pour y mener des tests dans des conditions de guerre électronique. Ce site, qui fut jadis un centre d'essais en vol de l'armée de l'air, est désormais loué à un consortium d'entreprises et de laboratoires de recherche spécialisés dans les drones.
Un site stratégique pour l'innovation
La base de Brétigny, avec ses pistes longues et son espace aérien dégagé, offre des conditions idéales pour tester des drones de toutes tailles. Mais l'atout majeur réside dans la possibilité d'y simuler des environnements de guerre électronique, c'est-à-dire des situations où les communications et les systèmes de navigation sont brouillés ou perturbés. Les drones, de plus en plus utilisés dans les conflits modernes, doivent pouvoir résister à ces attaques.
Un consortium d'acteurs majeurs
Le projet est porté par un consortium baptisé « Drone & Electronic Warfare Test Center », qui réunit des entreprises comme Dassault Aviation, Thales, Safran, ainsi que des PME innovantes et des laboratoires du CNRS. L'investissement total est estimé à plusieurs dizaines de millions d'euros, avec des financements publics et privés. L'objectif est de créer un pôle d'excellence européen pour les essais de drones en environnement hostiles.
Des applications civiles et militaires
Si les applications militaires sont évidentes, les retombées civiles sont également attendues. Les drones utilisés pour la surveillance des infrastructures critiques, la livraison de colis ou l'agriculture de précision doivent aussi être protégés contre les interférences. Les tests permettront de développer des systèmes de navigation alternatifs, comme l'utilisation de capteurs inertiels ou de vision par ordinateur, qui ne dépendent pas du GPS.
Un calendrier serré
Les premiers essais devraient débuter dès la fin de l'année 2026. Le consortium prévoit d'installer des équipements de brouillage et de simulation d'attaques électroniques sur la base. Des drones de différentes tailles, du micro-drone de reconnaissance au drone de combat plus imposant, seront testés. La base accueillera également des formations pour les opérateurs de drones militaires et civils.
Cette initiative place la France en position de leader dans le domaine des drones résistants à la guerre électronique, un enjeu crucial pour la souveraineté nationale et européenne. Le ministre des Armées a salué ce projet, soulignant qu'il contribuera à la préparation des forces armées face aux menaces futures.



