Dette à Pessac : un débat houleux au conseil municipal
Le conseil municipal de Pessac, qui s'est tenu le mardi 28 avril, a été marqué par des échanges vifs autour de la question de l'endettement de la commune. Alors que le budget primitif 2025 affichait un encours de dette de 30,75 millions d'euros, celui de 2026 atteint 44,35 millions, en raison du financement de chantiers majeurs tels que la rénovation-extension de l'école Georges-Leygues, la piscine Cazalet et le Pavillon des arts et de la musique.
Les critiques de l'opposition
Alain Pariente, élu du groupe d'opposition de gauche, a qualifié cette situation de « nouveauté qui fragilise l'avenir ». Il a rappelé que le maire Franck Raynal s'était engagé le 7 avril à ne pas dépasser les 50 millions de dette. « Dans ce budget primitif, vous annoncez 4,5 millions de nouveaux emprunts potentiels. Si cet emprunt est mobilisé, le stock de dette passerait à près de 49 millions en fin d'année. Le mur des 50 millions serait quasiment atteint à la fin de la première année d'une mandature qui pourrait durer sept ans », a-t-il déclaré.
De son côté, le député socialiste Sébastien Saint-Pasteur a souligné un « volume de promesses relativement conséquent », s'interrogeant sur le financement des investissements et de leur fonctionnement, notamment le coût des fluides pour la piscine Cazalet ou le nouveau poste de police dans le quartier Magonty.
Bérangère Couillard, ancienne ministre et élue d'opposition du groupe Unis pour Pessac, a taclé la majorité en affirmant que « les engagements pris pendant la campagne ne sont pas respectés ». Elle a brandi le programme du candidat Franck Raynal, qui promettait d'investir « sans augmenter les impôts ni la dette ».
La réponse de la majorité
L'adjoint aux finances Jérémie Landreau a répliqué en mettant en avant la bonne marge de manœuvre de la Ville en matière de capacité de désendettement et le niveau de dette par habitant. Un budget supplémentaire sera présenté lors du conseil du 30 juin.
Le maire Franck Raynal a précisé que le Compte financier unique (CFU) montrera un excédent budgétaire important, qu'il avait évalué à 10,5 millions d'euros. « Cela nous permettra de modifier les équilibres et notamment la part du nouvel emprunt », a-t-il expliqué, ajoutant que celui-ci « ne sera sans doute plus du tout nécessaire quand nous aurons affecté le résultat ». Concernant les 4,5 millions d'emprunts, il a indiqué qu'ils comprennent plus de 3,1 millions de remboursement de capital, ce qui réduira mécaniquement le stock de dette.
Franck Raynal a réaffirmé son engagement de ne pas dépasser les 50 millions d'euros de dette, garantissant ainsi « une indépendance de gestion ». Il a également lancé une pique à ses opposants, notamment Sébastien Saint-Pasteur, en rappelant que par le passé, certains leur disaient d'emprunter davantage : « La vérité de la veille n'est pas celle du lendemain. »



