«C’est de la triche» : j’ai peut-être réussi mon BTS grâce à ça
«C’est de la triche» : j’ai peut-être réussi mon BTS

« C’est de la triche, j’ai peut-être réussi mon BTS grâce à ça », confie Lucas, 22 ans, étudiant en BTS Négociation et Digitalisation de la Relation Client (NDRC). Comme de nombreux jeunes, il a eu recours à l’intelligence artificielle pour rédiger son mémoire de fin d’études. Un choix qui le tiraille entre la satisfaction d’avoir obtenu son diplôme et le sentiment d’avoir enfreint les règles.

Une tentation irrésistible

Lucas raconte comment, à l’approche de la date limite de rendu de son mémoire, la pression était immense. « J’étais submergé par le travail, les stages, les partiels. Je ne voyais pas comment finir ce mémoire à temps », explique-t-il. C’est alors qu’un camarade lui a parlé de ChatGPT. « Au début, j’étais réticent. Je me disais que c’était de la triche pure et simple. Mais la tentation était trop forte. »

Il a donc utilisé l’IA pour générer des parties entières de son mémoire, notamment l’introduction, la revue de littérature et une partie de l’analyse. « Je lui donnais des consignes, des mots-clés, et il produisait un texte cohérent, bien structuré. C’était bluffant. »

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Un sentiment de culpabilité persistant

Si Lucas a obtenu son BTS avec mention assez bien, le goût de la réussite est amer. « Je n’ai pas vraiment appris à rédiger un mémoire. Je me suis reposé sur l’IA. Aujourd’hui, je me demande si j’aurais dû le faire. » Il confie avoir éprouvé de la honte lors de la soutenance orale, craignant que le jury ne détecte la supercherie. « Heureusement, ils n’ont rien vu. Mais je sais que ce n’est pas juste vis-à-vis des autres étudiants qui ont travaillé dur. »

Son témoignage met en lumière une pratique de plus en plus répandue dans l’enseignement supérieur. Selon une enquête récente, près de 30% des étudiants auraient déjà utilisé l’IA pour leurs devoirs. Les établissements tentent de s’adapter, mais la frontière entre aide légitime et triche reste floue.

Les réactions des enseignants

Interrogé, un professeur de BTS confie que le phénomène est préoccupant. « Nous voyons de plus en plus de travaux qui semblent générés par IA. Cela pose un problème d’évaluation des compétences réelles des étudiants. » Certains enseignants utilisent désormais des logiciels anti-plagiat capables de détecter les textes issus d’IA, mais la technologie évolue vite.

Pour Lucas, l’avenir reste incertain. « Je vais chercher un emploi, mais j’ai peur que mon manque de compétences réelles ne soit un handicap. L’IA m’a aidé à obtenir le diplôme, mais pas à acquérir les savoir-faire nécessaires. » Il envisage de se former davantage pour combler ces lacunes.

Cette histoire illustre les dilemmes éthiques soulevés par l’intelligence artificielle dans l’éducation. Entre gain de temps et risque de dépendance, les étudiants doivent naviguer dans un paysage académique en pleine mutation.

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