Les réseaux bancaires historiques, confrontés à l'essor des néobanques et des fintechs, multiplient les initiatives pour moderniser leur offre et conserver leurs clients. Selon une étude récente du cabinet Deloitte, 72 % des Français estiment que leur banque principale doit évoluer pour répondre à leurs nouveaux besoins, notamment en matière de services digitaux.
Une transformation numérique accélérée
BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole ont investi plus de 5 milliards d'euros cumulés dans la digitalisation de leurs services depuis 2020. Ces investissements visent à proposer des applications mobiles plus intuitives, des fonctionnalités de paiement instantané et des outils de gestion budgétaire automatisés. "Nous devons offrir une expérience client aussi fluide que celle des néobanques, mais avec la sécurité et la solidité d'un grand groupe", explique Jean-Pierre M., directeur de l'innovation chez BNP Paribas.
Le rôle repensé des agences
Parallèlement, les banques historiques repensent le rôle de leurs agences. Le nombre d'agences a diminué de 15 % en France entre 2020 et 2025, mais celles qui restent se transforment en espaces de conseil et d'accompagnement. "L'agence n'est plus un lieu de transaction, mais un lieu de relation et de conseil personnalisé", indique un rapport de la Fédération bancaire française. Les rendez-vous en visioconférence et les conseillers dédiés par téléphone se généralisent.
Des offres packagées pour rivaliser
Pour contrer les offres low-cost des néobanques, les établissements traditionnels lancent des formules sans frais ou à faibles coûts. Par exemple, la Société Générale a lancé en 2025 une offre "Soge Start" à 2 euros par mois, incluant une carte bancaire et des virements illimités. "Nous avons déjà conquis 300 000 clients avec cette offre en six mois", se félicite la direction. De son côté, le Crédit Agricole propose "Eko", une formule à 1,50 euro par mois.
L'innovation comme clé de la fidélisation
Les banques historiques misent également sur l'innovation pour se différencier. BNP Paribas a développé un assistant virtuel basé sur l'intelligence artificielle, capable de répondre aux questions des clients 24h/24 et 7j/7. "Notre objectif est de réduire le temps d'attente et d'offrir un service personnalisé à chaque client", précise le directeur de l'innovation. Par ailleurs, des programmes de fidélité, comme des réductions sur des assurances ou des places de cinéma, sont proposés pour renforcer l'attachement à la marque.
Des défis persistants
Malgré ces efforts, les banques historiques peinent à convaincre les jeunes générations. Selon une enquête de l'institut Kantar, 45 % des 18-30 ans déclarent avoir déjà ouvert un compte dans une néobanque, et 30 % d'entre eux envisagent de quitter leur banque traditionnelle. "Les jeunes recherchent une expérience 100 % mobile, sans frais cachés et avec une ouverture de compte en quelques minutes", analyse un expert du secteur. Pour y remédier, les banques historiques accélèrent le déploiement de solutions de reconnaissance faciale et de signature électronique pour simplifier l'ouverture de compte en ligne.
Un avenir entre tradition et modernité
Les réseaux bancaires historiques doivent jongler entre leur héritage de confiance et la nécessité de s'adapter aux nouvelles attentes. "Notre atout reste la confiance et la présence physique, mais nous devons les combiner avec une agilité numérique", résume un porte-parole de la Fédération bancaire française. La bataille pour la fidélisation des clients est loin d'être gagnée, mais les investissements massifs dans la digitalisation et la refonte des agences montrent une volonté de ne pas se laisser distancer.



