Vols habités : l'ESA juge le coût « très raisonnable »
Vols habités : l'ESA juge le coût « très raisonnable »

L'Europe peut développer des vols habités à un coût « très raisonnable », affirme le directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher. Selon une première estimation, l'effort supplémentaire représenterait de l'ordre de 10 % du budget actuel de l'agence, soit environ 2,2 milliards d'euros sur la période 2026-2028. Cette déclaration intervient alors que l'Europe dépend encore des États-Unis pour l'accès de ses astronautes à l'espace.

Un « fossé énorme » avec les États-Unis

Josef Aschbacher déplore « un fossé énorme » dans les dépenses spatiales entre l'Europe et les États-Unis, ainsi que le retard dans le développement des lanceurs réutilisables. Il appelle les décideurs politiques à être « plus audacieux ». Selon lui, « si nous devions ajouter une capacité de vols habités et un peu plus d'ambition en matière d'activités robotiques », l'augmentation du budget de l'ESA serait « très modérée ».

Fin 2025, l'ESA a obtenu 22,1 milliards d'euros de ses États membres pour financer ses programmes pour les trois prochaines années, soit 5 milliards de plus qu'en 2022. Cependant, ce montant reste « cinq fois moins que les États-Unis ». Aschbacher précise : « Nous avons besoin d'une fusée, d'une capsule, d'un véhicule de récupération d'équipage, de l'ensemble des opérations, de port spatial… Cela exige une solution de bout en bout. C'est une priorité à discuter ».

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Le programme lunaire américain remanié

Jusqu'à présent, l'Europe s'est appuyée sur les États-Unis pour l'accès de ses astronautes à l'espace et une partie de ses ambitions d'exploration lunaire. Le Vieux continent participait au programme américain Artemis, qui vise à amener de nouveau des astronautes sur la Lune, et devait fournir plusieurs éléments de Gateway, une petite station spatiale installée autour de la Lune pour servir d'escale et de relais. Mais les États-Unis ont profondément remanié leur programme lunaire en 2026, mettant fin à Gateway dans sa forme initiale et privilégiant désormais une présence directe sur la Lune.

Une conférence européenne en décembre

Les États membres de l'ESA ont convoqué une conférence ministérielle en décembre à Rome pour discuter de l'avenir de l'exploration européenne. Aschbacher souligne que « les deux autres pays qui permettent aujourd'hui des vols habités sont la Chine et la Russie, ce qui n'est pas une option pour nous. L'Inde prépare également des vols habités, mais l'Europe ne dispose pas encore de cette capacité ».

L'Union européenne a lancé, en 2025, 46 missions dans l'espace et en prévoit 65 cette année, selon son directeur. Pendant ce temps, Trump a récemment fixé l'objectif de 1.000 lancements par an d'ici 2030, tandis que SpaceX a annoncé la construction d'un port spatial en Louisiane pour un investissement d'environ 100 milliards de dollars. De son côté, l'entreprise chinoise LandSpace a réussi en août à récupérer le premier étage du lanceur lourd Zhuque-3, comparable au Falcon 9 de SpaceX, alors que l'Europe n'a pas encore testé de fusée réutilisable.

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