Le gouvernement a annoncé le report du plan d'urgence pour l'agriculture qui devait être annoncé jeudi, suscitant une vive réaction de la FNSEA qui tire la sonnette d'alarme sur une « détresse très avancée dans les fermes ». Le ministère de l'Agriculture a justifié ce délai : « Les montants étant conséquents, nous avons besoin de quelques jours en plus de concertations entre les ministères ».
Un délai jugé inacceptable par la FNSEA
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a réagi fermement : « Quelques jours, ça ne peut pas être quelques semaines ». Il a souligné l'urgence de la situation : « Le blé commence à se semer le 20-25 septembre en France, la décision c'est maintenant, le rachat du fourrage » pour ne pas envoyer les bêtes à l'abattoir « c'est maintenant ». Il a énuméré les situations « d'urgence » dans lesquelles se trouvent de nombreux agriculteurs qui se posent la question d'arrêter tout bonnement leur activité.
Selon lui, « le pronostic vital de l'agriculture a été engagé » et plusieurs sondages montrent que les agriculteurs se posent la question d'arrêter leur activité ou de mettre leur ferme en jachère faute de pouvoir acheter de quoi semer ou nourrir les animaux tant la repousse des prairies se fait attendre.
Des demandes concrètes et des exemples de blocages
Le syndicat appelle à de « l'intelligence administrative », notamment lors des contrôles dans les fermes. Il cite l'exemple des agriculteurs qui n'ont pas pu semer de couverts végétaux ou faire fleurir leurs jachères tant les sols sont secs et les précipitations faibles, et qui peuvent être sanctionnés. Certaines aides, notamment européennes, sont conditionnées à ces pratiques agroécologiques.
La FNSEA s'est distinguée de son allié, les Jeunes agriculteurs, qui ont appelé à une « contribution générale sur l'impôt », sur le modèle de l'« impôt sécheresse » mis en place en 1976. Son président estime que faire voter un impôt serait trop long et qu'il préférait que les consommateurs acceptent de payer « quelques centimes » plus chers des légumes « avec la gueule cassée ». Il a également appelé à la réouverture ponctuelle des négociations avec la grande distribution pour revaloriser les produits agricoles.
Des pertes estimées en milliards d'euros
Concernant le chiffrage des aides, le syndicat n'a pas souhaité s'avancer. Les pertes sont de l'ordre de cinq milliards d'euros pour les éleveurs sur le fourrage, selon les associations spécialisées de la FNSEA. Idem sur les grandes cultures. Et la viticulture, malgré une vendange attendue un peu meilleure que l'an dernier, chiffrera aussi les dégâts « en milliards ».
Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, a listé les différentes mesures attendues : un fond d'allègement des charges « massif », des aménagements bancaires, une prolongation des dispositifs existants sur le gazole non routier et les engrais jusqu'au 31 décembre. Mais aussi une suspension de la taxe sur le foncier non bâti et de la redevance pour pollution diffuse (taxe sur les pesticides) ainsi qu'une prise en charge des cotisations sociales et le versement rapide des aides européennes.



