Tarif agent EDF : 700 millions d'euros, un coût démesuré selon la Cour des comptes
Tarif agent EDF : 700 M€, coût démesuré pour la Cour

Le « tarif agent », un avantage historique accordé aux employés d'EDF et de GDF sur leurs factures d'électricité et de gaz, a représenté un coût de 700 millions d'euros en 2024, un montant qualifié de « démesuré » par la Cour des comptes dans un rapport publié ce vendredi. Ce rapport, consacré à la gestion des ressources humaines d'EDF, épingle ce tarif préférentiel qui bénéficie aux salariés, mais aussi aux retraités des entreprises issues des opérateurs historiques, comme Engie, Enedis, GRDF et d'autres distributeurs locaux d'énergie.

Le gouvernement sous pression pour réformer le tarif agent

Le gouvernement réfléchit à réduire cet avantage. Selon le ministère de l'Énergie, il a reçu « une mise en demeure de la Cour des comptes » de se « mettre en conformité sur la valorisation de cet écart […] entre ce tarif et la valeur réelle de l'énergie ». Cette remise en cause du tarif agent est perçue par les syndicats comme une attaque contre le statut des électriciens et gaziers.

Mobilisation syndicale contre la remise en cause du contrat social

La publication du rapport intervient le jour même où les quatre fédérations syndicales de l'électricité et du gaz (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) se réunissent pour organiser une « mobilisation » contre cette réforme. Dans un courrier adressé cette semaine au Premier ministre Sébastien Lecornu, les fédérations ont demandé à l'exécutif de « renoncer » à cette remise en cause. « À défaut, nous saurons nous mobiliser, avec l'ensemble des électriciens et gaziers, pour mettre fin à cette attaque de leur contrat social », ont-elles prévenu.

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Recommandations de la Cour des comptes

La Cour des comptes recommande de « réduire par étapes l’avantage énergie, en priorité en plafonnant les consommations prises en compte » et de « revaloriser le barème fiscal et social » de cet avantage « sur la base des moyennes annuelles des tarifs réglementés de vente de l’électricité et des tarifs repères du gaz, toutes taxes comprises ». Le rapport sévère invite également EDF à « limiter les revalorisations salariales annuelles » en tenant compte « de la situation et des perspectives économiques et financières de l’entreprise », qui est lourdement endettée et doit faire face à un mur d’investissements dans le contexte de la relance du nucléaire.

Une décision attendue par arrêté ministériel

La question du tarif agent devrait être tranchée dans un arrêté ministériel à venir. Les syndicats restent mobilisés pour défendre cet élément de rémunération historique, tandis que la Cour des comptes insiste sur la nécessité de maîtriser les coûts pour EDF.

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