Sécheresse : la Casa réclame plus de pragmatisme à l'État
Sécheresse : la Casa réclame plus de pragmatisme à l'État

La Communauté d'agglomération Sophia Antipolis (Casa) souhaite faire entendre sa voix dans la gestion de la sécheresse. Une motion a été adoptée lundi 8 juin 2026 pour demander davantage de pragmatisme aux services de l'État. Depuis le 1er juin, le préfet a placé le département en vigilance sécheresse, ce qui a incité les élus à réagir.

Des demandes concrètes pour la réutilisation des eaux usées

Le président de la Casa, Jean Leonetti, a présenté une motion visant à poursuivre les démarches de préservation de la ressource. Parmi les projets phares : l'acquisition des sources du Lauron depuis juillet dernier, apportant 8 000 mètres cubes d'eau sur la Colle-sur-Loup et Roquefort, ainsi que l'étude de solutions de dessalement. La Casa demande aux services de l'État d'accompagner davantage le développement de la réutilisation des eaux usées traitées (REUT). Les élus souhaitent un cadre réglementaire plus favorable pour élargir l'utilisation, comme cela se fait déjà à Antibes et Juan-les-Pins pour l'arrosage et le nettoyage urbain. Ils attendent le feu vert pour utiliser cette eau dans les ports et à Châteauneuf-Grasse.

Des restrictions jugées disproportionnées

Jean Leonetti a critiqué les restrictions imposées par les services de l'État et l'ARS, les qualifiant de « démesurées par rapport au risque, qui est nul ». Il a ironisé : « Je ne vais pas me laver vingt fois avec l'eau de la REUT pour prouver qu'elle n'est pas dangereuse. » L'agglo souhaite également une approche adaptée en cas d'aggravation de la sécheresse, avec des exemptions pour les usages liés à l'hygiène et à la sécurité des publics fragiles (écoles, centres d'accueil, établissements de santé). Leonetti a souligné les réalités économiques : « Je ne vois pas comment, dans les hôtels, on oblige les gens à faire une seule douche par jour, et dans les centres aérés, à ne pas utiliser l'eau pour le confort et la sécurité sanitaire des enfants. »

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Une analyse territoriale plus fine

Au-delà des cas concrets, Jean Leonetti espère une analyse plus précise du territoire. Il déplore que les spécificités hydrologiques ne soient pas prises en compte : « Antibes est toujours classée comme dépendante de la Brague, alors qu'elle puise 70 à 80 % de son eau dans la nappe alluviale du Var. » Il insiste : il faut « regarder la géographie en souterrain et non pas par avion ». La Casa entend ainsi obtenir des ajustements de l'État pour une gestion plus réaliste de la ressource en eau.

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