Prix des carburants : baisse attendue après l'accord Iran-États-Unis
Prix des carburants : baisse attendue après l'accord Iran-États-Unis

Prix des carburants : après l'accord Iran-États-Unis, quand la baisse sera-t-elle palpable ?

Près de trois mois et demi après le début du conflit en Iran, Washington et Téhéran ont annoncé un accord en début de semaine. La guerre avait fait flamber les prix des carburants, atteignant parfois près de 3 euros le litre. Mais cette paix permettra-t-elle une baisse significative ? Retrouvera-t-on les niveaux d'avant-guerre ? Jacques Percebois, professeur émérite d'économie à l'université de Montpellier, apporte son éclairage.

Un impact rapide mais progressif

Emmanuel Macron a déclaré que l'accord aurait un effet sur les cours dans les semaines à venir. Le prix du brut avait déjà baissé grâce aux espoirs de paix, mais les marchés restent prudents, notamment en raison des déclarations fluctuantes de Donald Trump. On observe une baisse de 5 à 6 %, le Brent revenant autour de 80-82 dollars, sans effondrement. La rapidité de la transmission aux pompes dépendra du débit des stations : les zones à fort trafic écouleront leurs stocks en quelques jours, tandis que les zones rurales, avec un débit plus faible, devront attendre une à deux semaines, voire plus.

Quelle baisse attendre ?

Selon Jacques Percebois, les premières baisses pourraient être de 4 à 5 centimes, puis atteindre 1,95 euro, voire 1,90 euro le litre. Cependant, il ne faut pas espérer un retour aux 70 dollars le baril avant plusieurs mois. La demande, freinée par les prix élevés, reprendra progressivement, et l'offre dépendra des capacités de production disponibles. Si l'offre augmente rapidement, le prix pourrait même passer sous les 70 dollars, mais cela semble peu probable à court terme.

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Des incertitudes persistantes

L'accord, qui doit être signé vendredi, reste général et prévoit des discussions sur des points clés comme le passage par le détroit d'Ormuz et d'éventuels péages iraniens. L'instabilité régionale et l'imprévisibilité de Donald Trump continuent d'influencer les cours. À long terme, l'Iran a semé la discorde au sein de l'OPEP, et des pays comme les Émirats arabes unis ont quitté l'organisation pour augmenter leur production. Les destructions dans les pays du Golfe nécessitent plusieurs semaines ou mois de réparations. Par ailleurs, des producteurs hors Golfe (Venezuela, Canada, Brésil, Argentine, pays africains) pourraient gagner des parts de marché, offrant des alternatives plus stables politiquement.

Le gazole, carburant le plus consommé en France, est repassé sous les 2 euros le litre vendredi dernier, selon la DGEC. Reste à voir si cette tendance se confirme dans les semaines à venir.

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