Les habitants du massif du Baou Rouge, à La Seyne, contestent vivement l'affirmation des autorités selon laquelle la défense extérieure contre l'incendie de leur secteur « est assurée ». Réunis en assemblée générale samedi, les membres de l'Association des propriétaires du massif (APM) ont dénoncé un communiqué commun du préfet et de la présidente de la Métropole TPM, publié le 7 août, qui évoquait des « poteaux opérationnels disposés sur le domaine public ». Pour eux, la réalité est tout autre : les bornes incendie existantes se trouvent toutes en dehors du périmètre de protection du Baou Rouge, laissant les riverains sans défense face à un feu venant de la forêt voisine, classée en « aléa très fort ».
Une réponse jugée inadaptée au terrain
René Mouren, président de l'APM, a exprimé son incompréhension : « On ne comprend pas pourquoi la préfecture et TPM joignent leurs explications dans un communiqué commun alors que leur domaine d'intervention n'est pas le même. Par exemple, TPM n'est pas compétente pour la DFCI (défense de la forêt contre l'incendie). » Il a également démenti l'existence de poteaux incendie opérationnels à proximité : « Le seul poteau susceptible d'être utilisé pour défendre le Baou Rouge est celui situé au niveau de la plage. Je regrette que ces autorités publiques ne connaissent pas mieux le territoire sur lequel elles exercent leurs prérogatives, ou alors elles sont mal informées par leurs services. »
Un adhérent de l'association a suggéré d'« inviter le préfet et la Métropole à nous montrer où se trouvent les bornes incendie dont ils parlent, ainsi que le niveau de pression d'eau sur le haut de notre domaine : sans surpresseur, je n'ai qu'un bar chez moi ! » Or, il faut au moins 4 bars pour remplir un camion de pompier. Cette carence expose les propriétés à un risque majeur, d'autant que la forêt publique, séparée du massif par la seule corniche Merveilleuse, a connu une dizaine de feux depuis les années 1960.
Des solutions concrètes réclamées
L'APM réaffirme sa double demande : « Fournir la pression d'eau suffisante pour alimenter des poteaux incendie que les propriétaires financeront à l'intérieur de leur domaine, et que les pouvoirs publics implantent des bornes incendie sur la corniche Merveilleuse, à l'interface de la forêt et du Baou Rouge », rappelle René Mouren. Il souligne que « c'est indispensable car nous sommes sous le vent dominant et sans protection si un feu se déclenche dans la forêt communale comme c'est arrivé plusieurs fois dans le passé ». Il précise qu'il existe bien une citerne de 20 m³ maximum sur le parking du Jonquet, mais qu'elle ne permettrait le remplissage que de quatre camions de pompiers, une capacité jugée insuffisante.
Alors que l'APM a engagé des procédures en justice contre le préfet et la Métropole, ces derniers appellent au « dialogue ». Une position jugée « étonnante » par le président de l'APM, car « TPM a refusé la conciliation proposée par le délégué du Procureur lors d'une récente réunion de médiation ». Malgré tout, les riverains se disent ouverts à la discussion.
Un élu local propose son appui
Les habitants ont reçu samedi le soutien du conseiller départemental Ludovic Pontone, également vice-président du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS). Il propose de servir de « relais » auprès des autorités : « Après avoir rencontré M. Mouren au printemps, j'ai pris ce dossier à cœur et j'ai écrit au préfet pour attirer son attention sur les enjeux liés à la prévention des risques incendie dans le secteur du Baou Rouge. Pour faire émerger une réflexion collective, il est essentiel de renforcer la coordination entre les différentes parties (Métropole, services de la préfecture et association des propriétaires) et d'engager une réflexion commune. »
L'élu seynois, qui a sollicité un rendez-vous auprès du préfet, a indiqué avoir croisé le représentant de l'État sur le feu de Carcès ces derniers jours : « J'ai confirmé de vive voix cette demande d'entretien et il s'est montré attentif ; il semble d'accord sur le principe d'une réunion en septembre ou octobre. Et je m'engage à chercher toutes les voies pour aboutir dans ce dossier », assure Ludovic Pontone. Une initiative saluée par René Mouren, qui note que c'est « le seul représentant des autorités publiques qui a accepté de participer à notre assemblée générale, et ce dans la continuité du soutien et de l'écoute apportés ces derniers mois ».



