En Lozère, la Margeride poursuit sa conversion à l'éolien avec un nouveau parc à Arzenc-de-Randon
Lozère : nouveau parc éolien à Arzenc-de-Randon dans la Margeride

Les six nouvelles éoliennes d'Arzenc-de-Randon, en Lozère, ont été inaugurées le 12 juin 2026. Produisant l'équivalent de la consommation de 13 000 personnes par an, ce projet a enfin vu le jour après de nombreuses contraintes techniques et environnementales propres au secteur de la Margeride.

Un projet de longue haleine

Encore un nouveau parc éolien qui fleurit dans le secteur de la Margeride, sur la commune d'Arzenc-de-Randon en Lozère. Ce 12 juin 2026, les six éoliennes du parc de Fadoumal ont été inaugurées en grande pompe par la société d'exploitation VSB Énergies Nouvelles, accompagnée par les élus locaux. Cela fait vingt ans que le projet patiente dans les cartons. Et pour cause, ce genre d'installation est toujours délicat, notamment pour des raisons environnementales.

Un site au cœur de la biodiversité

Le parc de Fadoumal est à cheval sur le site Natura 2000 du plateau de Charpal, comme le montre la carte interactive de la Dreal Occitanie. Havre de biodiversité, il renferme de nombreuses espèces protégées comme le milan royal, le vautour moine ou encore la chauve-souris, ainsi que des habitats remarquables comme des tourbières, des landes sèches et des zones humides.

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Concilier énergie et environnement

Toute la complexité de ce projet a résidé dans la conciliation entre le développement des énergies renouvelables et la préservation d'habitats et d'espèces protégées. Au regard des objectifs de conservation, des études d'impact environnemental ont été réalisées en amont par des bureaux d'études indépendants afin de recenser les populations faunistiques et floristiques et d'évaluer les impacts sur les populations. Des spécialistes du bureau d'études CERA Environnement se sont rendus sur le site afin de réaliser une étude acoustique, paysagère et naturaliste conduite sur près d'un an.

« Nous devons répondre aux contraintes environnementales. On essaye au maximum, soit d'éviter, soit de réduire, soit de compenser notre impact grâce à un certain nombre de mesures », détaille Sameh El Saïd, chef de projet développement. Depuis la mise en service du parc, VSB a mis en place un suivi de la mortalité aviaire, assuré par une entreprise indépendante à raison de contrôles hebdomadaires pendant 32 semaines.

La Margeride, terre d'éoliennes

En Lozère, le secteur de la Margeride est privilégié par les opérateurs du fait de son classement moins réglementé par rapport à l'Aubrac ou aux Cévennes. Ce territoire compte près d'une quarantaine d'éoliennes. Certains habitants commencent à s'inquiéter du nombre considérable d'installations ces dernières années. « On est pour et on est contre en même temps, il faudrait changer un peu de région. L'énergie verte, on en a besoin mais ici il y a trop d'éoliennes », soulève un habitant d'Arzenc-de-Randon.

Pour le président du conseil départemental Laurent Suau, « le département de la Lozère est un territoire d'exception, il ne faut pas que notre Margeride soit envahie d'éoliennes, il faut être raisonnable ». Toutefois, il ne néglige pas l'importance de devoir implanter de nouvelles activités sur le territoire, il tempère : « C'est une retombée économique directe pour les collectivités. »

Le maire de la commune, Francis Gibert, se félicite de pouvoir accueillir cette nouvelle installation : « Nos seules recettes proviennent de la taxe foncière. Nos habitants ont de faibles retraites, on évite de les imposer, alors on doit trouver des moyens ailleurs. » Avec la taxe IFER, ce nouveau parc générera des recettes fiscales considérables pour les comptes d'Arzenc-de-Randon.

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Une attention particulière pour réduire le taux de mortalité des oiseaux

C'est un système surprenant qui a été installé sur les éoliennes du site de Fadoumal. Chacune d'entre elles est équipée de 8 caméras dotées de 2 optiques afin de détecter la présence d'oiseaux dans un rayon de 500 mètres. Un système ingénieux qui promet de réduire significativement le taux de mortalité. « Lorsqu'un oiseau est repéré, un effet stroboscopique se déclenche afin de l'éloigner. Si celui-ci poursuit sa trajectoire dans la zone de danger, l'éolienne ralentit pour atteindre 120 mètres par seconde en bout de pale. Cette vitesse ne constitue pas un danger pour l'oiseau », détaille Bernard Tribillac, chef de projet construction. En ce qui concerne l'acoustique, des sortes de peignes ont été installés en bout de pale afin de réduire les nuisances sonores.