Italie : taux de fécondité au plus bas depuis 1945 avec 1,14 enfant par femme
Italie : fécondité au plus bas historique en 2025

L'Italie a connu en 2025 un nouveau record de faible natalité : seules 355 000 naissances ont été enregistrées, soit une baisse de 3,9 % sur un an. Le taux de fécondité, nombre moyen d'enfants par femme en âge de procréer, est tombé à 1,14, son plus bas niveau depuis 1945, selon un rapport de la Fondation pour la natalité publié mardi en collaboration avec l'Institut national des statistiques (Istat).

Un niveau bien en dessous du seuil de renouvellement

Ce taux de 1,14 est très inférieur au seuil de 2,1 enfants par femme nécessaire pour maintenir une population stable sans immigration. À titre de comparaison, la France affiche un taux de 1,61. Même si l'Italie atteignait ce niveau, elle ne compterait qu'environ 494 000 naissances annuelles, bien loin des 664 000 enregistrées en France en 2025. La raison tient à la structure démographique : l'Italie possède la plus forte proportion de personnes âgées d'Europe, ce qui réduit le nombre de femmes en âge de procréer.

Des freins économiques majeurs

La Fondation pour la natalité, créée en 2022 pour promouvoir des politiques familiales, souligne que les Italiens renoncent à avoir des enfants principalement pour des raisons économiques. « Le désir de maternité et de paternité […] se heurte souvent à la précarité de l'emploi, aux coûts élevés, à des modes de vie incompatibles et à des services insuffisants », analyse le rapport. « Il en résulte un écart croissant entre ce que les gens souhaiteraient et ce qu'ils parviennent réellement à faire », ajoute-t-il.

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Selon une large enquête de l'Istat, si les femmes ayant déclaré vouloir un enfant dans les trois ans réalisaient leur projet, l'Italie compterait 760 000 naissances par an, soit 2,3 millions sur trois ans. Les obstacles cités sont avant tout économiques et professionnels, avec la crainte que l'arrivée d'un enfant aggrave la situation financière, surtout chez les femmes.

Les femmes, premières impactées

Le rapport relève que « lorsque les services d'aide aux familles font défaut, ce sont (les femmes) qui comblent le vide : elles s'arrêtent de travailler […] Non par choix, mais par nécessité ». Les jeunes adultes craignent aussi d'être pris en étau entre leurs enfants et leurs parents vieillissants, une situation typique de la génération dite « sandwich ».

Malgré cette chute des naissances, la population italienne est restée stable à 58,9 millions d'habitants en 2025, grâce à une « dynamique migratoire très positive » de 440 000 immigrés par an, qui compense un solde naturel largement négatif, notait l'Istat en mars.

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