Gaz en Europe : stocks au plus bas, craintes sur les prix
Gaz en Europe : stocks au plus bas, craintes sur les prix

Les réserves européennes de gaz pour l'hiver sont au plus bas depuis 2021, selon les données de Gas Infrastructure Europe (GIE) publiées mercredi 12 août. Ce niveau historiquement faible ravive les craintes des marchés sur une hausse des prix à la fin de l'année 2026 et au début de 2027, alors que la demande de chauffage et d'électricité va augmenter.

Des niveaux de remplissage préoccupants

Au 11 août, les installations de stockage de l'Union européenne étaient remplies à 74,5 %, soit le taux le plus bas pour cette période depuis 2021. Sur les douze derniers mois, le prix du mégawattheure de gaz sur le marché néerlandais TTF a déjà progressé de 41 %, pour s'établir autour de 45 euros. Les analystes de S&P Global Commodity Insights soulignent que « le marché reste très sensible aux aléas géopolitiques et météorologiques ».

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D'une part, la demande asiatique de gaz naturel liquéfié (GNL) a fortement augmenté, attirant une partie des cargaisons. D'autre part, les arrêts techniques non programmés sur des sites de production en Norvège et au Qatar ont réduit l'offre disponible. Enfin, l'arrêt des importations russes par gazoduc, qui ne représentent plus que 10 % des approvisionnements européens contre 40 % en 2021, a accentué la dépendance au GNL.

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Un hiver sous tension

La crainte d'un hiver rigoureux, comparable à celui de 2021-2022, alimente les spéculations sur une nouvelle flambée des prix. Le contrat à terme pour décembre 2026 s'échangeait à 52 euros le mégawattheure, en hausse de 15 % sur un mois. Les gestionnaires de réseaux de transport, réunis au sein du réseau européen ENTSO-G, estiment qu'un remplissage inférieur à 80 % à la mi-août rendrait difficile de garantir la sécurité d'approvisionnement en cas de vague de froid prolongée.

Pour tenter de sécuriser l'hiver, la Commission européenne a proposé, mardi 11 août, un règlement visant à renforcer la coordination des achats de GNL entre États membres. Ce texte, qui doit encore être adopté par le Parlement et le Conseil, prévoit la création d'une plateforme commune d'achat et un mécanisme de solidarité obligatoire en cas de pénurie.

Impact sur les consommateurs et les industriels

Cette situation a des conséquences directes sur les factures des ménages et la compétitivité des industries. En France, le tarif réglementé du gaz a augmenté de 3,2 % au 1er août, et les associations de consommateurs anticipent une hausse supplémentaire de 5 à 8 % cet hiver. Les industries chimiques et sidérurgiques, grandes consommatrices d'énergie, réduisent déjà leur production, ce qui pourrait peser sur l'emploi dans plusieurs bassins industriels.

Selon les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la demande européenne de gaz devrait rester stable en 2027, mais la volatilité des prix restera élevée tant que les stocks ne seront pas reconstitués. Les prochaines semaines seront décisives : si les injections se poursuivent au rythme actuel, les réserves pourraient atteindre 90 % de leur capacité à la fin octobre, un niveau jugé acceptable par les opérateurs, mais encore inférieur à la moyenne des cinq dernières années.

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