Ce vendredi 10 juillet, le gouvernement a annoncé le déclenchement d'un "plan Orsec chaleurs extrêmes" dans les départements placés en vigilance rouge par Météo-France. Ce dispositif inédit marque un changement d'échelle dans la gestion des canicules, désormais traitées comme une crise nationale et non plus comme une simple alerte météo.
Une vigilance rouge étendue à 24 départements
Neuf départements de l'Ouest ont basculé en vigilance rouge ce vendredi midi, avant une extension à 24 départements samedi, dont l'ensemble de l'Île-de-France. Soixante-douze départements sont également en vigilance orange. Météo-France décrit un épisode "sévère et durable", appelé à se prolonger jusqu'au milieu de la semaine prochaine au moins.
Un plan pour mieux organiser la réponse
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a présenté ce plan sur TF1 comme un dispositif "nouveau", mis en place pour tenir compte du "retour d'expérience des dernières vagues de chaleur". L'objectif est de mieux protéger les personnes vulnérables, "celles qui sont seules, souvent en ville, souvent âgées", davantage exposées à la surmortalité. Des centres dédiés "de protection et de rafraîchissement" doivent être ouverts.
Ce vendredi matin, Sébastien Lecornu a réuni une nouvelle cellule interministérielle de crise au ministère de l'Intérieur. Le Premier ministre avait assuré lundi, à l'issue d'une réunion similaire, que "l'ensemble de la chaîne de prévision, en suite de réaction" avait "tenu", des agents de Météo-France aux personnels hospitaliers, en passant par la sécurité civile. Mais il a aussi reconnu la nécessité d'une "doctrine générale encore plus claire".
Des questions concrètes sur la gestion de crise
La question est très concrète : qui décide de fermer une école, d'ouvrir un centre rafraîchi, d'adapter les transports, de mobiliser les soignants, de protéger les salariés exposés, ou de renforcer l'aide aux personnes isolées ? La chaleur avance lentement, ce qui peut retarder la perception de l'urgence.
Le plan Orsec (pour Organisation de la réponse de sécurité civile) doit donc "clarifier le rôle de chacun", selon Matignon. Derrière cette expression administrative se trouve l'enjeu principal : faire entrer la canicule dans le vocabulaire normal de la gestion de crise. Jusqu'ici, la réponse reposait sur la vigilance météo, les consignes sanitaires, les préfectures, les mairies, les hôpitaux, les Ehpad, et les proches chargés d'appeler les plus âgés.
Un débat politique sur l'anticipation
L'annonce a très rapidement ouvert un débat politique. Sur Franceinfo, Olivier Faure a dénoncé un plan "inédit… enfin improvisé", accusant le gouvernement et ses prédécesseurs de ne pas avoir anticipé l'accélération du réchauffement climatique. Sur France 2, Aurore Bergé a défendu au contraire une "obligation d'adaptation", en rappelant que ces très fortes chaleurs "ne sont plus une exception". Les deux formules ne disent pas la même chose, mais elles dessinent le même constat : la France, en plus de débattre de la météo du jour, débat aussi de sa capacité à organiser des étés qui changent de nature.



