Claude Ardid : « Rentrer à Var-matin, c’était le rêve de ma vie »
Claude Ardid : « Rentrer à Var-matin, c’était le rêve de ma vie »

Un rêve devenu réalité

En 1978, Claude Ardid fait ses débuts à Var-matin comme stagiaire à la locale de Toulon, dirigée par Claude Bègue. Il y restera 20 ans, jusqu’en 1998, date du rachat du groupe Nice-matin par Hachette. « Rentrer à Var-matin, c’était le rêve de ma vie », confie-t-il. « J’ai eu tout de suite un CDI. Un CDI, tu vois, c’est comme si tu avais gagné au loto aujourd’hui. »

Le journalisme Gonzo à la toulonnaise

Ardid se souvient des reportages « Gonzo » menés par la locale : passer au crible les lavomatiques de voiture, se cacher dans un ferry de la SNCM, ou encore suivre le rugby avec Daniel Herrero. « J’étais très pote avec Daniel Herrero. Au moment où Toulon va être champion de France en 1987, il m’a autorisé à être sur le banc pendant un match. »

La leçon de Charles Galfré

Charles Galfré, alors patron de la rédaction, lui avait dit lors de son recrutement : « Un bon journaliste, c’est quelqu’un qui travaille avec ses pieds… qui marche, qui marche en levant la tête. » Ardid explique : « Il fallait regarder à droite, à gauche, marcher beaucoup… C’était ça le secret de la réussite d’un localier : lever les yeux au ciel pour voir ce qui se passait dans les étages. » Galfré ajoutait aussi qu’un bon journaliste a de la chance. « Ça m’est resté dans un coin de la tête pendant toute ma carrière », dit Ardid.

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Des hasards qui font les grands reportages

Le journaliste raconte plusieurs coïncidences. Une nuit, un chauffeur de taxi est abattu à 10 mètres de lui avenue Ortolan. « Je vois le tueur, je me suis dit qu’il allait me mettre une balle et puis il a fait demi-tour. J’étais le premier témoin des flics. » Une autre fois, alors qu’il se rend au cinéma Le Royal à Toulon, la banque voisine est attaquée. Il prévient le commissaire et assiste à l’interpellation des cambrioleurs. La photo de Mickey Colombani fait la Une, avec le titre « Les émules de Spaggiari faits comme des rats », un « coup de génie de Paul Mosi » selon Ardid.

L’affaire Yann Piat, un tournant

Le 25 février 1994, la députée Yann Piat est assassinée. Ardid, alors chef d’agence à La Seyne, est appelé par le rédacteur en chef Daniel Cuxac pour se rendre sur les lieux. Il mène des investigations approfondies, publiant des ouvrages sur l’affaire, subissant pressions et menaces. En septembre 1998, il est placé en garde à vue avec Albert Levy. « En sortant de là, je me suis effondré dans les bras de mon épouse et je lui ai dit : c’est fini. Plus jamais je ne travaillerai dans ce département. »

Un départ vers de nouveaux horizons

En 1998, le groupe Hachette rachète Nice-Matin. Ardid part d’abord dans les Alpes-Maritimes puis rejoint Paris le 1er octobre. Il entame une deuxième carrière marquée par des collaborations avec Canal+, France 2, France 5 et Charlie Hebdo. Son dernier livre, « La Fabrique du malheur, enquête sur les scandales de l’aide sociale à l’enfance », a été sélectionné parmi les meilleurs ouvrages d’investigation de 2025 par le jury des Assises nationales du journalisme.

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