Les épisodes de fortes chaleurs continuent de peser sur le parc nucléaire français. EDF a annoncé, jeudi 13 août, la réduction de la production de plusieurs réacteurs, notamment ceux de Saint-Alban (Isère) et de Tricastin (Drôme), afin de respecter les limites de température de rejet d'eau dans les fleuves.
Des réacteurs à l'arrêt ou en baisse de puissance
Selon EDF, les réacteurs n°2 de Saint-Alban et n°1 de Tricastin ont été mis à l'arrêt, tandis que d'autres unités fonctionnent à puissance réduite. Cette situation est due aux températures élevées de l'eau du Rhône, qui dépassent les seuils réglementaires autorisés pour le refroidissement des centrales. En période de canicule, les centrales nucléaires doivent en effet limiter leur rejet d'eau chaude pour préserver la faune et la flore aquatiques.
Une baisse de production estimée à 2,5 %
Cette réduction de production représente environ 2,5 % de la capacité nucléaire totale du pays, soit l'équivalent de la consommation de plusieurs grandes villes. Les équipes d'EDF surveillent en continu les conditions météorologiques et hydrologiques afin d'ajuster au mieux la production. Le gestionnaire du réseau, RTE, assure que la sécurité d'approvisionnement électrique reste garantie pour l'été.
Un phénomène récurrent et amplifié par le changement climatique
Ce n'est pas la première fois que le parc nucléaire est contraint par les fortes chaleurs. En 2022, une sécheresse historique avait déjà entraîné des baisses de production. Selon les experts, le réchauffement climatique rend ces épisodes plus fréquents et plus intenses, ce qui pourrait conduire à des adaptations structurelles, comme l'installation de systèmes de refroidissement plus efficaces ou le recours accru aux énergies renouvelables. Pour l'instant, EDF prévoit de maintenir la surveillance et de rétablir la pleine production dès que les températures de l'eau redeviendront conformes.



