Bercy a été victime d'une cyberattaque. Des contribuables français vont être personnellement informés après une intrusion dans le système informatique de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP). Jeudi, Bercy a confirmé qu'un accès illégitime, intervenu fin juin à la suite d'une usurpation d'identité, avait permis « la consultation et l'extraction de données concernant des particuliers et des professionnels ».
678 437 personnes potentiellement touchées
Le ministère de l'Économie et des Finances ne précise pour l'instant ni la nature exacte des informations récupérées ni le nombre de personnes touchées. Le site spécialisé French Breaches avance toutefois le chiffre de 678 437 personnes concernées, dont 392 867 particuliers et 285 570 professionnels. Il affirme également sur X que « le fichier serait désormais en vente pour plusieurs milliers d'euros ».
La DGFiP indique que « les usagers concernés recevront une information individuelle précisant les données susceptibles d'avoir été consultées ou extraites et, le cas échéant, les mesures de vigilance à adopter ». Bercy assure que l'accès utilisé lors de l'attaque avait été coupé dès la fin du mois de juin, avant que le piratage ne soit revendiqué mercredi.
Une seconde fuite potentielle signalée
Une seconde fuite potentielle a cependant été signalée jeudi soir par French Breaches. Elle concernerait « près de deux millions de propriétaires de biens immobiliers et fonciers en France ». Selon le site spécialisé, le pirate affirme disposer de noms, dates de naissance, adresses, identifiants fonciers, parcelles cadastrales et informations sur les biens détenus, et dit avoir « toujours accès au compte DGFiP ». Bercy n'a pas évoqué cette nouvelle revendication dans son communiqué.
Mesures de protection et enquête en cours
Après la revendication de l'attaque de juin, la DGFiP a « immédiatement mis en œuvre de nouvelles mesures de restriction permettant d'y mettre fin et de prévenir de nouveaux accès illégitimes ». Des investigations se poursuivent pour déterminer précisément quelles données ont été compromises et combien d'usagers sont concernés. Les équipes informatiques de la DGFiP travaillent notamment avec le Haut fonctionnaire de défense et de sécurité (SHFDS) et l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI).
La DGFiP prévoit enfin de notifier l'incident à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) et de déposer plainte. L'administration fiscale indique qu'elle communiquera de nouvelles informations au fur et à mesure de l'avancée des investigations.



