Ariane 6 : lancement record avec 22 tonnes de satellites Amazon
Ariane 6 : record avec 22 tonnes de satellites Amazon

Quatrième lancement de l'année, et troisième consécutif au profit d'Amazon Leo pour Ariane 6. La fusée européenne doit décoller ce mercredi du centre spatial guyanais à Kourou entre 13h53 et 14h22, heure de Paris.

Le lancement s'effectuera - pour la troisième fois également - dans une configuration à quatre boosters (A64). En doublant ainsi le nombre de moteurs qui permettent à la fusée de s'arracher du sol, Ariane 6 peut embarquer davantage de charge utile, donc de satellites. Mais ArianeGroup ajoutera une innovation supplémentaire pour ce vol VA269, les quatre boosters passant eux-mêmes d'une version P120 à une nouvelle version P160 C, pour encore plus de puissance.

André Lafond, responsable du programme boosters chez ArianeGroup, explique à 20 Minutes ce que cela va changer pour le lanceur lourd européen.

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Ariane 6 doit décoller pour la première fois avec de nouveaux boosters P160C. Qu'est-ce que cela va apporter ?

Cela va permettre d'augmenter de 10 % la quantité de propergol solide [le carburant] embarquée dans les boosters. On va passer de 142 tonnes à 156 tonnes. Cela va augmenter la puissance des boosters durant la phase initiale du lancement [d'une durée d'environ 135 secondes], qui représente 90 % de la poussée des moteurs.

Cela va aussi nous permettre de gagner 10 % de capacité en orbite basse (à environ 500 km d'altitude). Concrètement, cette nouveauté nous permettra d'embarquer davantage de charge utile, en l'occurrence 36 satellites Amazon - soit 22 tonnes - contre 32 satellites et 20 tonnes lors des deux premiers vols consacrés à Amazon.

22 tonnes, c'est un nouveau record pour la famille Ariane. Et, à titre de comparaison, sur Falcon 9, Amazon a embarqué 27 satellites, et sur Atlas 5, 29 satellites. Nous avons donc un lanceur lourd bien adapté pour ce type de missions.

Comment avez-vous réussi à ajouter 10 % de propergol en plus dans les boosters ?

Nous avons rallongé la partie moteur d'un mètre - qui passe de 13 à 14 mètres - mais sans toucher à la longueur totale du booster, qui reste à 22 mètres. Cela va nous permettre de plugger sur le corps central de la fusée un booster P120 ou P160, en fonction des besoins, sans avoir à modifier la structure du lanceur. C'est essentiel car nous allons continuer à utiliser les deux familles de boosters, en fonction des besoins exprimés par Arianespace [qui commercialise les lancements].

Nous avons désormais plusieurs configurations possibles pour Ariane 6, puisque nous continuerons aussi à l'utiliser dans ses versions à deux ou quatre boosters. Et nous pourrons panacher toutes ces versions, en fonction de la charge utile embarquée. Cela va apporter une plus grande polyvalence à notre lanceur, pour s'adapter à tout type de missions.

22 tonnes embarquées, c'est un plafond ?

Non. Nous préparons déjà d'autres évolutions pour l'année prochaine, qui ne seront pas au niveau des boosters. Nous travaillons sur des optimisations de masse au niveau du corps central et de l'étage supérieur de la fusée. L'objectif est d'avoir un lanceur un peu plus léger, ce qui doit nous permettre d'emporter davantage encore de charge utile.

Quel sera le rythme de production des boosters ?

Nous poursuivons la montée en cadence pour produire plus de 30 boosters par an, un rythme que l'on doit atteindre l'année prochaine. L'objectif est d'atteindre ainsi neuf à dix lancements par an d'Ariane 6, à partir de 2027.

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