À l'appel des organisations syndicales, des cortèges défileront vendredi pour s'opposer aux projets du gouvernement concernant le travail des artisans boulangers et fleuristes le 1er mai. « Pas touche » au 1er mai : les syndicats donnent rendez-vous dans la rue vendredi pour défendre ce jour « férié et chômé », dont le gouvernement souhaite revoir les modalités pour les artisans boulangers et fleuristes.
Le gouvernement l'a promis : en 2027, ces professionnels pourront faire travailler leurs salariés le 1er mai, ce qui n'est actuellement autorisé que pour certaines activités ne pouvant interrompre le travail. Un projet de loi en ce sens doit être examiné mercredi en Conseil des ministres. Pour cette année, aucun changement n'est prévu, mais ceux qui dérogeront pourraient échapper à une amende, selon des propos du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.
Sadia Belkasemi, vendeuse salariée d'une boulangerie indépendante à Paris, travaillera vendredi pour être « payée double », comme l'année dernière. Mais « je ne suis pas pour », dit cette femme de 32 ans qui, « à choisir », aimerait autant « ne pas travailler ».
« On ne touche pas au 1er-Mai ! »
Les cinq confédérations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) ont émis un avis négatif sur le projet de loi. Elles avaient auparavant obtenu que la proposition de loi portée par l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, qui prévoyait des ouvertures beaucoup plus larges de commerces, ne soit pas votée à l'Assemblée nationale.
« Pas de projet de loi sur le 1er-Mai, défendons le 1er-Mai », a tonné lors du congrès de FO la semaine dernière son secrétaire général Frédéric Souillot, attendu dans le cortège parisien, comme les cheffes de file de la CFDT Marylise Léon et de la CGT Sophie Binet. Le numéro deux de la CFDT, Yvan Ricordeau, note la « tonalité importante du 1er-Mai cette année » et la « volonté des militants d'apparaître présents pour défendre le seul jour férié et chômé » en France.
« On ne touche pas au 1er-Mai ! », abondent dans un appel commun la CGT, la FSU (secteur public), Solidaires et des syndicats étudiants (Union étudiante, Unef), qui défileront aussi pour le pouvoir d'achat, la paix et contre l'extrême droite.
De son côté, Léïa Faraglia, 23 ans, apprentie fleuriste, explique : « Je comprends l'importance du 1er mai, mais pour nous c'est aussi une tradition d'ouvrir et de vendre du muguet ». Elle ajoute : « Si on ne pouvait pas ouvrir, on vendrait à la sauvette devant le magasin, donc ça reviendrait au même », déplorant qu'il n'y ait pas plus de contrôles de ces vendeurs.
« Un climat particulier » dans les cortèges
Pour cette journée historique et symbolique pour le monde du travail depuis 1889, la cérémonie annuelle en mairie avec les syndicats a été supprimée par la municipalité RN fraîchement élue de Liévin, ville du Pas-de-Calais où 42 mineurs ont péri en 1974 dans le plus grave accident minier survenu en France depuis la Seconde Guerre mondiale.
Julie Ferrua, co-déléguée générale de Solidaires, estime particulièrement important de « rappeler cette attaque qu'il y a eu sur le 1er-Mai, rappeler les accidents du travail, rappeler aussi que l'extrême droite n'est pas pour les travailleurs et les travailleuses, contrairement à l'image qu'elle véhicule ». Le secrétaire confédéral de la CGT Thomas Vacheron affirme également que « l'extrême droite, c'est l'imposture sociale en permanence », alors que le RN soutenait avec la droite et le bloc central la proposition de loi portée par Gabriel Attal et reportée sine die.
La secrétaire générale de la FSU, Caroline Chevé, prédit que « le contexte de l'attaque très forte sur le 1er-Mai donnera un climat particulier » aux cortèges. « Pour autant, on est dans les revendications du 1er-Mai qui sont celles du monde du travail et en particulier, l'urgence salariale parce que la situation dans la fonction publique est intenable », ajoute la dirigeante. Thomas Vacheron résume : « Les priorités pour la CGT, ce sont les mêmes que celles pour la population, c'est l'augmentation générale des salaires et le blocage du prix des carburants. Certainement pas de contraindre les salariés à travailler le 1er-Mai ».



