La Fédération française de basket-ball (FFBB) a annoncé samedi avoir débouté l'AS Monaco en appel. Le club de la Principauté, sacré champion de France le 23 juin, ne sera pas autorisé à s'engager en Elite 1 ni en Elite 2 pour la saison 2026-2027. La Chambre d'appel de la FFBB a confirmé la décision du gendarme financier de la Ligue nationale de basket (LNB), qui avait refusé l'engagement du club le 3 juillet.
"Le club n'ayant pas été en mesure de produire les documents sollicités dans les délais impartis", explique le communiqué de la FFBB, la Chambre d'appel a "confirmé la décision contestée" et "refusé l'engagement du club dans les championnats professionnels". Cette décision fait suite à l'examen de la situation économique de l'ASM, qui cumule plus de 24 millions d'euros de dettes.
Des dettes jugées trop lourdes
La Direction nationale de conseil et de gestion (DNCC), l'organe financier de la LNB, avait justifié son refus initial par "l'absence de garantie suffisante sur la viabilité économique du club au titre de la saison à venir et de l'état d'avancement des dossiers de reprise du club". Le championnat professionnel français de basket est organisé en deux divisions : l'Elite 1, l'élite du basket français, et l'Elite 2, la division inférieure. L'AS Monaco, qui évolue dans la plus haute division depuis plusieurs saisons, se voit donc privée de son statut professionnel.
La somme de 24 millions d'euros de dettes représente un passif considérable pour un club de basket, même pour une équipe championne de France. Cette dette, couplée aux difficultés à présenter un budget équilibré pour la saison à venir, a conduit les instances à juger la situation économique non viable.
Les voies de recours possibles
Selon le communiqué, l'ASM a "la possibilité de contester cette décision auprès du Tribunal Administratif". Toutefois, avant de saisir la justice administrative, le club devra obligatoirement déposer un recours auprès du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Cette procédure est une étape préalable obligatoire dans les litiges entre les clubs et les fédérations sportives.
Le club de la Principauté a pris acte de cette décision. Dans un message publié sur le réseau social X (anciennement Twitter), l'AS Monaco a indiqué qu'elle étudiait "la possibilité de saisir" le CNOSF. Cette annonce suggère que le club entend épuiser toutes les voies de recours pour tenter de sauver sa saison.
Une saison 2026-2027 compromise
L'interdiction d'engagement vaut pour la saison 2026-2027, soit dans deux ans. Cette échéance laisse du temps au club pour trouver des solutions, mais aussi pour assainir ses finances. Le contexte est toutefois délicat : l'AS Monaco était devenue championne de France le 23 juin, un succès qui ne masque pas les problèmes structurels du club.
Cette situation rappelle les difficultés financières récurrentes de certains clubs de basket professionnels en France. L'ASM, qui a connu des changements d'actionnaires ces dernières années, doit désormais convaincre les instances de sa capacité à redresser la barre. Le dossier de reprise du club, évoqué par la DNCC, demeure au centre des préoccupations.
L'impact sur l'équipe et les supporters
Pour les joueurs et le staff, cette décision crée une grande incertitude. Le titre de champion de France, acquis sur les parquets, risque de perdre de sa superbe si le club ne peut pas défendre sa couronne. Les supporters, eux, espèrent un rebondissement. La saison 2026-2027 semble lointaine, mais les prochaines semaines seront déterminantes pour l'avenir du club.
La FFBB, de son côté, entend rappeler que les règles sont les mêmes pour tous les clubs. Le respect des critères économiques est une condition sine qua non pour participer aux championnats professionnels. Cette décision envoie un signal fort à l'ensemble du basket français.
En attendant, l'AS Monaco doit accélérer la recherche de solutions financières. Le tribunal administratif pourrait être saisi si le recours au CNOSF échoue. Mais le temps presse, et l'avenir d'un club champion de France est désormais entre les mains de ses dirigeants et de la justice sportive.



