Le tribunal judiciaire de Nîmes a condamné, le 20 août 2026, la SAS Maison Albar hotels – L’Imperator, exploitant l’hôtel cinq étoiles Impérator Maison Albar, dans un litige portant sur l’élection du deuxième collège du Conseil social et économique (CES). Le syndicat CGT, qui contestait les résultats, a obtenu gain de cause, le tribunal ayant sanctionné la rectification unilatérale d’un procès-verbal proclamant officiellement le résultat du scrutin.
Une rectification jugée illégale
Le contentieux porte sur l’élection du deuxième collège du CES, instance représentative du personnel dans les entreprises d’au moins onze salariés. Selon la CGT, l’employeur a modifié, après le scrutin, les noms des vainqueurs sur les procès-verbaux, une initiative qualifiée d’illégale. « L’employeur ne peut procéder à la rectification a posteriori de procès-verbaux erronés. Il s’agit là d’une règle d’ordre public ! », a rappelé la Confédération générale du travail le 29 août.
David Goslin, responsable technique de l’hôtel et délégué syndical CGT, précise : « Pour ce vote, les sièges se doivent impérativement d’être attribués à la proportionnelle […] Un mode de scrutin qui a abouti à la victoire de nos camarades Nicolas Viala et Margot Braun, conformément à ce qu’a proclamé le 20 août dernier le tribunal ». La direction de l’hôtel, contactée, n’a pas souhaité commenter cette décision.
Une nouvelle crise après la grève de juillet
Cet épisode judiciaire survient après une période agitée pour l’établissement. Fin juillet 2026, le personnel d’étage avait mené une grève inédite, dénonçant des conditions de travail qualifiées d’« insupportables » et un manque de reconnaissance. Cette mobilisation avait secoué l’hôtel, qui se remet à peine de cette crise sociale.
L’Impérator Maison Albar, estampillé cinq étoiles, est un établissement mythique au cœur de Nîmes, dans le Gard. Il emploie du personnel relevant de plusieurs collèges électoraux, dont celui contesté, qui représente les cadres.
La CGT poursuit son combat pour les salaires et les conditions de travail
Fort de cette victoire judiciaire, le syndicat CGT Commerce distribution et services du Gard, à l’initiative de la procédure, annonce un nouveau combat : la revalorisation des salaires des cadres de l’hôtel. « La plupart des cadres de l’Imperator sont à ce jour rémunérés 1 000 euros en deçà des minimas définis par leur convention collective », assure David Goslin.
Le délégué syndical n’abandonne pas pour autant l’amélioration des conditions de travail des femmes de chambres. Il indique que l’une d’entre elles a été placée en accident du travail le jeudi 27 août. La direction de l’hôtel n’a fait aucun commentaire sur ces sujets.



