Le taux de chômage en France a augmenté de 0,2 point au deuxième trimestre 2026, pour s'établir à 7,4 % de la population active, selon les chiffres publiés mercredi 19 août par l'Insee. Cette hausse, la première depuis deux ans, enterre de fait la promesse d'Emmanuel Macron de parvenir au plein emploi d'ici à la fin de son quinquennat, en 2027.
Un retournement inattendu du marché du travail
Alors que le gouvernement espérait une stabilisation, le nombre de demandeurs d'emploi a progressé de 58 000 personnes au cours du trimestre, pour atteindre 2,3 millions de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Cette dégradation concerne principalement les jeunes (15-24 ans), dont le taux de chômage grimpe à 17,1 %, et les travailleurs peu qualifiés.
Selon l'Insee, cette évolution s'explique par un ralentissement de l'activité économique, notamment dans l'industrie et la construction, ainsi que par une moindre création d'emplois dans les services. Le secteur du BTP a particulièrement souffert, avec une perte de 12 000 postes sur le trimestre.
Un objectif de plein emploi compromis
Emmanuel Macron avait fait du plein emploi l'un des axes majeurs de son second mandat, visant un taux de chômage autour de 5 % en 2027. Pour le ministère du Travail, cet objectif semble désormais hors de portée. Dans un communiqué, la ministre du Travail, Catherine Vautrin, a reconnu que « les résultats du deuxième trimestre sont décevants » et a annoncé la mise en place d'un « plan d'urgence » pour l'emploi, sans en préciser le contenu.
Les économistes interrogés par Le Monde restent prudents : « Il est trop tôt pour parler d'une inversion de tendance, mais la dynamique positive des années précédentes est clairement stoppée », analyse Mathieu Plane, économiste à l'OFCE. Il souligne que la réforme des retraites, en repoussant l'âge de départ, a accru la population active, ce qui pèse mécaniquement sur le taux de chômage.
Des conséquences politiques immédiates
Cette annonce intervient alors que le gouvernement prépare le budget 2027, et que l'exécutif espérait capitaliser sur les bons chiffres de l'emploi pour justifier sa politique économique. L'opposition, notamment le Rassemblement national et La France insoumise, a immédiatement dénoncé « un échec » de la politique de l'emploi du président.
Pour les prochains mois, le gouvernement mise sur la baisse des cotisations patronales et sur le plan de formation annoncé en début d'année pour inverser la tendance. Mais les experts doutent d'un redressement rapide : « La croissance devrait rester modérée au second semestre, autour de 1,3 % sur l'année, ce qui ne permettra pas de créer suffisamment d'emplois pour faire baisser le chômage », prévient Éric Heyer, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques. Le plein emploi, promesse phare du quinquennat, s'éloigne donc à grands pas.



