Incendie de Crans-Montana : un faux héros de 20 ans avoue son mensonge
Incendie de Crans-Montana : un faux héros avoue son mensonge

Quentin, 20 ans, a reconnu avoir menti sur sa présence lors de l'incendie meurtrier du bar Le Constellation à Crans-Montana, qui a fait 41 morts et 115 blessés dans la nuit du réveillon. Se présentant tantôt comme pompier volontaire, tantôt comme client rescapé, il a finalement avoué la vérité sur un groupe WhatsApp, huit mois après le drame. Malgré la supercherie, certaines familles endeuillées lui ont pardonné pour son soutien désintéressé.

Un double rôle inventé de toutes pièces

Selon les informations du Parisien, publiées ce mardi 18 août, Quentin, dont le prénom a été changé, a endossé une double casquette au gré de ses interlocuteurs. Tantôt il affirmait avoir combattu les flammes en tant que pompier volontaire, tantôt il prétendait avoir échappé de justesse au brasier comme simple client. Cette mise en scène lui a permis de devenir un habitué des abords du tribunal de Sion, où se tient le procès des gérants du bar.

Le jeune homme a poussé la supercherie jusqu'à inviter un rappeur pour un concert, mais c'est ce dernier qui l'a poussé dans ses retranchements. Le 19 mars, la supercherie éclate au grand jour : Quentin avoue tout sur un groupe WhatsApp réunissant les familles endeuillées, reconnaissant qu'il n'était pas dans le bar cette nuit-là.

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Un stratagème qui tourne au fiasco

Interrogée par Le Parisien, la psychologue et psychanalyste Catherine Grangeard se garde de tout diagnostic à distance, mais évoque des mécanismes connus : certaines personnes s'identifient à un drame qui résonne avec leur propre histoire, quand d'autres, insatisfaites de leur existence, « ont besoin de vampiriser celles des autres ». Cette analyse éclaire les ressorts psychologiques d'un comportement qui a surpris par son audace.

Le Suisse n'a néanmoins jamais réclamé d'argent auprès du fonds suisse dédié aux victimes de Crans-Montana. Au contraire, il a donné de son temps et de son énergie pour accompagner des proches endeuillés et tenter de lever des fonds en mémoire des disparus. Cette nuance de taille explique en partie pourquoi certaines familles bernées lui ont malgré tout pardonné, voire apporté leur soutien quand le scandale a éclaté au grand jour.

Des familles pardonnent malgré le mensonge

L'une des mères, dont l'adolescent est mort dans l'incendie, a confié qu'il « méritait d'être pardonné par sa gentillesse et ses services pour son mensonge initial ». Ce pardon, bien que conditionnel, témoigne de la complexité des réactions face à un tel imposteur, dont l'implication émotionnelle a pu compenser, aux yeux de certains, la fausseté de son récit.

Le procès des gérants du bar se poursuit à Sion, tandis que l'affaire Quentin reste un épisode marquant de la gestion du deuil collectif. Les familles, elles, tentent de tourner la page, entre colère et compassion pour un jeune homme dont le mensonge a finalement révélé une détresse profonde.

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