Le changement climatique est le principal moteur de la surchauffe des mers européennes, selon une étude publiée mardi 19 août dans la revue Nature Climate Change. Les vagues de chaleur marines ont augmenté de 40 % en fréquence depuis 1982. Cette hausse est attribuable à 90 % au réchauffement d'origine humaine, indiquent les chercheurs.
Des vagues de chaleur marines plus fréquentes et plus intenses
L'étude, menée par une équipe internationale de scientifiques, a analysé les températures de surface de la mer en Europe sur la période 1982-2023. Elle révèle que les vagues de chaleur marines sont désormais 40 % plus fréquentes qu'il y a quatre décennies. Leur intensité a également augmenté, avec des températures moyennes supérieures de 1,5 °C aux normales saisonnières, contre 0,5 °C dans les années 1980.
Selon les auteurs, cette évolution est "sans équivoque" liée aux émissions de gaz à effet de serre. "Le signal climatique est clair et domine les variations naturelles", explique la coordinatrice de l'étude, la climatologue française Élise Dupont. "Nous observons une tendance lourde qui va se poursuivre si les émissions ne diminuent pas rapidement."
Des conséquences écologiques et économiques majeures
La surchauffe des mers européennes a des répercussions directes sur les écosystèmes marins. Les coraux et les herbiers de posidonie, essentiels à la biodiversité, subissent des épisodes de blanchissement plus fréquents. Les migrations de poissons se déplacent vers le nord, perturbant les activités de pêche. Les chercheurs estiment que ces phénomènes pourraient coûter chaque année plusieurs milliards d'euros aux économies côtières de l'Union européenne.
L'étude souligne également que la Méditerranée est particulièrement touchée : elle se réchauffe 20 % plus vite que la moyenne mondiale. Les eaux du golfe de Gascogne et de la mer du Nord connaissent aussi des anomalies de température record, comme lors de l'été 2022 où des pointes à 5 °C au-dessus de la normale ont été enregistrées.
Vers une adaptation nécessaire des politiques publiques
Face à ce constat, les scientifiques appellent à renforcer les politiques d'atténuation et d'adaptation. Ils recommandent notamment de mieux surveiller les températures marines et de protéger les zones les plus vulnérables. "Il est urgent d'agir pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, sinon les vagues de chaleur marines deviendront la norme", prévient Élise Dupont.
L'étude intervient alors que l'Union européenne prépare sa prochaine stratégie pour la protection des océans, prévue pour 2027. Les conclusions de cette recherche devraient alimenter les discussions des États membres sur les objectifs de réduction des émissions à horizon 2030.



