Marc Cerrone, 74 ans, se produira aux arènes de Palavas (Hérault) ce jeudi 20 août, avec DJ Corti, de 19 h à 1 h. L'icône du disco, père de la French Touch, a vendu plus de 30 millions d'albums en 50 ans de carrière. Il a notamment été célébré en 2024 lorsque son tube Supernature a été joué à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. Dans un entretien accordé à Midi Libre, il se confie sur sa longévité, l'évolution de la musique dance et ses projets à venir.
Un demi-siècle de musique et de plaisir
Interrogé sur ce que lui inspire ce demi-siècle de carrière, Marc Cerrone répond : « Quand je regarde, je ne ressens que le plaisir que j'y ai pris. Je n'aurais pas imaginé, un, que ça fonctionne, deux que ça dure, et trois, que les générations d'aujourd'hui s'y accrochent. J'essaie d'être à la hauteur des opportunités qui se présentent. »
Pour expliquer le caractère intemporel et intergénérationnel de sa musique, il affirme : « Ce n'est pas explicable ! Il n'y a pas de recette, je n'ai pas mis de l'huile, du sel et du poivre. C'est impalpable, le public adopte la musique et la garde, en 50 ans, entre les remix, les samples, ça saute de génération en génération… Je suis super content à mon âge de faire autant de concerts et d'avoir un public si chaud et endiablé, partout dans le monde. C'est sympa d'avoir la jeune de 20 ans qui vient avec sa mère de 40 ou 45 ans et qui amène sa mère de 60 ou 65 ans, c'est le plus beau des cadeaux. »
Le disco, toujours leader du marché
À propos du retour à la mode du disco, Cerrone déclare : « Je dirais que le disco n'est jamais parti, il a eu des appellations différentes, House, garage, électro… N'oublions pas le terme, le disco c'est la musique de discothèque, pour danser et évidemment aujourd'hui les gens ont envie de danser avec tout ce qui se passe. » Il précise avoir connu des « trous d'image médiatique », mais n'avoir « jamais arrêté » les concerts, sans jamais avoir eu « une année où je n'ai rien fait ».
Il souligne que les musiques « dance » représentent actuellement 65 % du marché en termes de streams et de ventes. « Le disco, c'est festif et heureusement que la mode n'est pas au mélancolique, avec tout ce qui se passe dans le monde, ce n'est pas l'heure ! »
Des débuts marqués par une anecdote et un succès fulgurant
Revenant sur l'anecdote de la caisse de disques de son album Love in C Minor (1976) envoyée par erreur aux États-Unis, où il a connu un succès foudroyant, Cerrone relativise : « C'est une anecdote, elle est drôle, mais ce n'est pas ça qui a fait que j'ai fait une carrière et que l'on m'a découvert. Le disque commençait à très bien marcher en France et des grossistes ont décidé de l'envoyer aux États-Unis. Les petits trucs font la différence, moi ça a été un accélérateur, c'est certain. » Il s'est alors installé aux États-Unis, pensant que ce serait « un coup de pot » qui ne durerait pas, et y est resté 22 ans. En France, son titre de 16 minutes et sa batterie très en avant sur scène n'étaient pas compris : « Les Français ne comprenaient pas ! »
La consécration aux JO 2024 et l'héritage French Touch
En juillet 2024, Supernature a été joué à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, une « belle récompense » et une « superbe reconnaissance surtout venant de la France ». Cerrone explique : « C'est le comité des Jeux Olympiques qu'il a fallu convaincre, c'est monté jusqu'à l'Elysée, ils étaient très vigilants sur les choix. Le directeur de la musique est venu me chercher, c'est une opportunité et il fallait être à la hauteur avec cette idée de jouer Supernature en symphonique et le rendre grandiose. »
Considéré comme le père de la French Touch, il évoque le sample de Supernature par Daft Punk pour leur morceau Veridis Quo : « Guy-Manuel est venu me voir, j'étais flatté que des jeunes s'intéressent à ma musique, qu'ils en fassent autre chose dans un morceau où l'on s'y reconnaît également. Un artiste qui se fait sampler, c'est la meilleure des récompenses et en 50 ans, le nombre de samples que j'ai pu avoir… » Il se dit « reconnaissant et lucide » sur le fait d'être « encore là sur la route grâce aux DJ's », qui lui disent souvent qu'il a « ouvert la voie ».
Batteur, DJ, et un nouvel album en préparation
Ancien batteur, Cerrone a toujours mis la batterie en avant sur scène, ce qui lui valait le surnom de « bûcheron ». Il note : « Ce qui est dingue, c'est que 50 ans après, il n'y a pas de style musical où la batterie n'est pas mise très en avant… »
Devenu DJ il y a 15 ans, il explique : « J'ai trouvé ça louche au départ, mais je m'amuse comme un fou, mon ordinateur est rempli de samples et de pistes de mon catalogue, je me revisite. Ce n'est pas le simple fait d'appuyer sur un bouton et de voir le public danser. Moi, je parlerais de voyage, mon set dure une heure et demie, on part en voyage musical, je ne joue que mes titres, pour que les gens rejoignent mon jardin et dansent. »
Son futur projet : « J'ai un nouvel album qui est pratiquement fini et qui arrive en début d'année, avec pas mal de collaborations avec des chanteurs anglais, américains, on le finalise. » Interrogé sur le style, il répond : « Toujours très Cerrone ! Je ne le dis pas mais évidemment, je vais tester deux, trois morceaux à Palavas, pour voir la réaction du public, rester dessus ou partir ailleurs. » Il conclut : « Je dis aux gens venez voir et écouter Supernature à Palavas ! »



