Une mobilisation d'envergure contre la politique sociale d'Auchan
Ce mercredi, plusieurs centaines de manifestants, répondant à l'appel de la CGT, ont bloqué l'hypermarché Auchan de Bagnolet en Seine-Saint-Denis. Cette action s'inscrit dans le cadre d'une mobilisation lancée en février pour dénoncer les licenciements à répétition et la dégradation alarmante des conditions sociales des employés du commerce.
Un symbole de la précarité dans la grande distribution
Mouhsine Amrani, délégué syndical central CGT et salarié d'Auchan, a déclaré : « Auchan est un symbole, on enchaîne les plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) sans répit. Nous protestons contre les licenciements abusifs, les fermetures de magasins, et la cession de supermarchés à Netto qui annule les accords d'entreprise protecteurs des salariés. » Les manifestants se sont engagés à tenir le blocage toute la journée et toute la nuit, affectant également un Electro Dépôt et un magasin Action à proximité.
La présence de Sophie Binet et des chiffres accablants
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, était présente sur les lieux vers 10h30, ironisant : « Nous pouvons remercier la famille Mulliez, sixième fortune de France, de nous recevoir de façon aussi gracieuse. » Selon le syndicat, 76 branches professionnelles, représentant plus de 6,1 millions de salariés, ont vu leurs minima salariaux passer en dessous du SMIC, fixé à 1.823,03 euros brut.
La précarité des travailleurs à temps partiel et une loi controversée
Sophie Binet a souligné la situation dramatique des travailleurs à temps partiel, principalement des femmes, qui survivent parfois avec à peine 1.000 euros par mois. « Les temps partiels enferment les femmes dans la précarité et la dépendance économique vis-à-vis de leurs conjoints », a-t-elle affirmé. Elle a appelé à une mobilisation urgente pour interpeller les députés avant le vote, prévu le 10 avril à l'Assemblée nationale, d'une proposition de loi permettant à certains salariés de travailler le 1er mai. Cette proposition, déjà adoptée par le Sénat en juillet avec le soutien du gouvernement, avait échoué à l'Assemblée en janvier faute de temps.
Des revendications salariales et des conditions de vie insoutenables
Les rayons de l'hypermarché bloqué étaient remplis de grévistes, tandis que les clients présents avant le début de l'action ont pu terminer leurs courses. La CGT dénonce des revalorisations salariales « dérisoires » et « indécentes », qualifiées de « déclaration de guerre » aux employés, et accuse la direction de faire un « choix politique au service des intérêts patronaux » qui dévalorise les compétences des salariés.
Amar Lagha, secrétaire général de la fédération CGT commerce et services, a appuyé ces accusations en révélant les résultats d'un questionnaire : « En moyenne, les salariés nous disent qu'il leur reste entre 500 et 700 euros pour vivre après dépenses fixes, et 80% des votants affirment ne plus avoir de loisirs. » Ces chiffres illustrent une précarité croissante dans le secteur, exacerbée par des politiques salariales jugées inéquitables.



