Que Choisir dénonce des marges excessives sur les fruits et légumes bio
Marges bio excessives selon Que Choisir

L'association de consommateurs Que Choisir Ensemble (ex-UFC Que Choisir) a dénoncé mercredi des marges jugées excessives sur les fruits et légumes bio vendus en supermarché. Selon une étude réalisée à partir de données officielles du Réseau des Nouvelles des Marchés (RNM), les enseignes appliqueraient des marges brutes « en moyenne 81 % plus élevée » sur les produits bio que sur leurs équivalents conventionnels.

Un rapport sénatorial en toile de fond

Cette analyse intervient quelques jours après la publication d’un rapport de la commission d’enquête du Sénat consacré aux prix de l’alimentation. Ce rapport dénonçait « les marges élevées pratiquées sur les aliments sains pour compenser les prix artificiellement bas des produits d’appel ultratransformés », une critique que les distributeurs avaient déjà contestée.

Méthodologie de l'étude

Pour mener son étude, Que Choisir Ensemble a comparé les prix de 24 fruits et légumes bio et non bio vendus en grande surface sur l’ensemble de l’année 2025. L’association explique avoir calculé la marge brute en soustrayant au prix payé par les consommateurs, hors TVA, le prix agricole versé aux producteurs par les distributeurs.

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D’après ses conclusions, l’écart de marge entre bio et conventionnel serait particulièrement marqué sur certains produits. Que Choisir Ensemble cite notamment la tomate bio, pour laquelle « le prix agricole n’est que 44 % plus élevé qu’en conventionnel, mais la marge de la distribution est 113 % plus élevée ». L’association estime que ce système « renchérit considérablement le prix des fruits et légumes bio » et appelle les enseignes à « modifier » leur « politique de tarification en faveur des produits les plus sains ».

La FCD contre-attaque

La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) rejette toutefois ces accusations. Dans une déclaration transmise à l’AFP, sa directrice des études, Isabelle Senand, affirme que « toutes les données disponibles et publiques montrent qu’il n’existe pas de "surmarge" de la grande distribution sur les produits bio par rapport aux produits conventionnels ».

La FCD s’appuie notamment sur les travaux de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM), qui montreraient des niveaux de marge « comparables, et parfois inférieurs » à ceux observés dans le conventionnel ou les circuits spécialisés. Isabelle Senand souligne également que « les prix plus élevés en bio reflètent avant tout des coûts de production, de logistique et de conservation plus importants », tout en rappelant la nécessité de distinguer marge brute et marge nette.

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